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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 12:31


Billet n° 05/2009

 



H / L’extracteur d’étui modèle 1907:

 


I / Clé modèle 1908 pour le démontage du canon :

 

 

J / Gant pour le changement du canon :
 

 

K / Epaulière de transport :

 

 
L / Le bouchon de tir à blanc :

 


VIII / Les affûts :

1) le modèle 1907 de rempart :

Utilisé par les troupes de forteresse.


 

2) le modèle 1907 de type « C » :

Ce modèle initialement utilisé pour les mitrailleuses Sainte Etienne 1907 est modifié pour recevoir la mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914.


 

3) le modèle 1915 :
Il diffère du modèle précédent par ces dimensions et par certaines pièces.
4) Trepied Hotchkiss type guerre modele 1914:
Il équipa les premières Hotchkiss modèle 1914 mais sera rapidement abandonné au profit du modèle 1916. 
 
5) Trepied Hotchkiss  modele 1916:
Trépied position haute pour tireur assis. Hauteur de la mitrailleuse 680 mm.
 
Trépied position basse pour tireur couché. Hauteur de la mitrailleuse 350 mm.
           
Le trépied dispose d’une plaque en fonte de laiton, rivetée, sur laquelle se trouve le numéro de série du trépied et le nom du fabricant.
 
6) La rallonges modèle 1928 pour le tir anti-aérien:
 

7) Les affûts DCA:
L’affût DCA simple modèle 1925 et l’affût DCA double modèle 1926.

 

 
- l’affût trépied JEAN.
 
A suivre….
                                                                   Grenadier la lanterne.

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 22:08

BILLET N° 02/2009







Plan avec les 12 maisons leurres

La ligne Maginot, « ouvrage défensif le plus formidable de tous les temps », disait-on à l’époque; malheureusement, l’histoire a voulu qu’il soit contourné. Un autre réseau souterrain, dévoilé récemment au public, construit en Allemagne, au sud-est de Berlin; n’a pas été contourné, mais c’est encore mieux ! les Soviétiques du 1er front ukrainien du maréchal Koniev lors de leur avance finale sur la capitale le 20 avril 1945, sont passés par-dessus et ne l’ont pas vu. Qu’est-ce qu’il y avait à Wünsdorf – Zossen  le long de la Reichstrasse 96, que certains appelaient der Weg zur Ewigkeit (le chemin de l’éternité) ?

 


Fausses maisons au sous-sol desquelles se trouvent les PC de commandement

 

Wünsdorf a toujours été une ville garnison, du temps du Kaiser déjà; puis durant la première guerre mondiale, elle a accueilli un important camp de prisonniers, des soldats français nord africains notamment. En 1936, on construit un village tout neuf pour les athlètes des jeux olympiques de Berlin. Ces constructions ont servi ensuite aux jeunes cadres du parti et à leurs familles, les bons aryens étaient aux petits soins dans cette belle contrée entourée de forêts.

 

 

Fausses maisons au sous-sol desquelles se trouvent les PC de commandement

 

C’est à cet endroit que l’on décide d’implanter la centrale de communication du commandement suprême de l’armée allemande, l’OKH, ce lieu prend le nom de Maybach. Des fausses maisons en béton, toits y compris sont implantés selon un schéma qui ressemble à un fer à cheval et reliées entres-elles par le sous sol, chaque maison représente un corps d’armée; De ces  sous-sols où sont agencées des salles de travail, les lignes câblées  relient les capitales des pays occupés; les postes de commandement en campagne sur les différents fronts sont ensuite reliés par les airs.

 



Sommet d'une de ces fausses maisons, le sol ayant été comblé

 

C’est à cet endroit que l’on décide d’implanter la centrale de communication du commandement suprême de l’armée allemande, l’OKH, ce lieu prend le nom de Maybach. Des fausses maisons en béton, toits y compris sont implantés selon un schéma qui ressemble à un fer à cheval et reliées entres-elles par le sous sol, chaque maison représente un corps d’armée; De ces  sous-sols où sont agencées des salles de travail, les lignes câblées  relient les capitales des pays occupés; les postes de commandement en campagne sur les différents fronts sont ensuite reliés par les airs.

 

Jours et nuits sans intermittence et de toutes les puissances, sont émis les dépêches de l’OKH. Huit officiers, dans l’entourage du général Fellgiebel, responsable de la centrale de cryptage,  ayant juré de faire tomber le régime, font diffuser par l’intermédiaire des techniciens radios  les messages codés à des destinataires qui sont pour eux que des correspondants. Les messages déviés portent l’indication au début de l’émission, RAHS suivi de Werther pour ce qui touche à la Wehrmacht et d’Olga pour ce qui est de la Luftwaffe.

 

Tour abri en forme d'obus pour familles des militaires résidant dans le complexe 

 

A suivre…….

 

J.-P. Soulier  - 2008

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 00:03









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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 15:52



Organes de pointage : 

Hausse à curseur sur rampe réglable de 200 à 2000 mètres avec guidon sur embase (1er type).


hausse à curseur circulaire réglable de 200 à 2400 mètres avec guidon sur embase (2EME type modèle 1918).

 

Marquages :

Sur le cote gauche de la carcasse, le modèle et le calibre et sur le coté droit de la carcasse, l’année modèle, le numéro de série et l’année de fabrication.


 

le numéro de série se retrouve aussi sur :

-le canon

-la poignée pistolet

-le passe bande (pièce de sécurité de l’arme)

-le couvre boîtier de culasse

-le levier d’armement

 

Finitions :  bronzée ou phosphatée et peinture noire cuite au four.

 

Durée d’utilisation :  de 1914 à 1965 soit environ un demi-siècle.

 

IV / Caractéristiques numériques :

 

Calibre :   8 X 50R (8mm Lebel).

 

Munitions utilisées :     cartouches à balles 1886D,

                                      cartouches modèle 1886D à balles Fraisées,

                                      cartouches modèle 1886 à balles Traçantes,

                                      cartouches modèle 1886 à balles Perforantes,

                             cartouches modèle 1932N, 

                                      cartouches à blanc modèle 1905 et 1905/27.

 

Portée utile :  3200 mètres (pour cartouches à balles D et 1932N).

 

Portée maximale :  5500 mètres (pour cartouches à balles D et 1932N).

 

Hausse de combat : 1200 mètres (pour cartouches à balles D et 1932N).

 

Munitions utilisées sur :    bandes rigides de 24 cartouches (avec passe bandes non modifié).

                                           bandes articulées de 251 cartouches (avec passe bandes Modifié 1916).

Cadence de tir:   450 à 650 coups/minute.

 

Cadence pratique de tir:   150 coups /minute.

 

Longueur de l'arme:    1310 mm.

 

Longueur du canon :   795 mm.

 

Pas du canon :  4 rayures à gauche au pas de 240mm.

 

Longueur de la ligne de mire:    670 mm.

Poids à vide de l’arme sans affût :  23 kilogrammes.

 

Poids de l’arme avec affût :  46,500 kilogrammes.

 

V / Les différentes parties de l’arme :

 

La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 se compose de trois partie principales 

 

A /  la carcasse :



1 : carcasse                                                     7 : verrou de broche

2 : couvre culasse et sa tige guide                  8 : broche de liaison mitrailleuse / vis élévateur  

3 : ressort récupérateur                                   9 : poignée pistolet

4 : levier d’armement                                    10 : queue de détente

5 : passe bandes                                             11 : support de mire anti-aérien

6 : clavette de maintien du passe bande        12 : éjecteur

 

B / l’ensemble mobile :


 

1 : culasse

2 : piston

 

C / le canon :

 

1 : diffuseur de chaleur.                                                

2 : cylindre à gaz.

3 : régulateur des gaz.

4 : guidon sur son embase.

5 : filetage pour la mise en place du cache flammes.

 

A suivre….

                                                                   Grenadier la lanterne.

 

 

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 15:02





I / Historique :

 

C'es

 

 

C'est en 1867, que Benjamin Berkeley HOTCHKISS (1826 – 1885) débarque en France à l’âge de 41 ans et est déjà mondialement connu. Il est né dans un milieu modeste à Watertown aux Etats-Unis. Ses parents exploitaient une tannerie. Benjamin Berkeley Hotchkiss quitta l'école relativement jeune pour entrer en apprentissage dans un atelier de mécanique. Adolescent, il s'engagea comme mécanicien dans une manufacture d'armes à feu où son esprit doué pour l'analyse et l'observation lui permit de recueillir de précieux éléments qu'il exploitera durant toute sa carrière.

Dès cette époque, il poursuivit des recherches et déposa de nombreux brevets. Très vite, il fut récompensé. En 1860, Benjamin Berkeley HOTCHKISS reçoit du gouvernement des États-Unis sa première commande.

C'est au début de la Guerre de Sécession que les études faites par Hotchkiss trouvèrent leur pleine application. La qualité des armes qu'il fabriquait dans ses ateliers lui assurèrent une solide réputation.

En 1867,  il débarque sur le vieux continent dans le but d'étendre à plusieurs pays  ses activités industrielles. L'évolution des événements qui aboutirent à la Guerre de 1870 scellèrent son avenir et à la demande du gouvernement de la défense nationale française , il installa  près de Rodez, une fabrique de cartouches destinées aux armes portatives.

En 1875, il fonde son usine à Saint-Denis et adopte comme marque de fabrique l'insigne aux deux canons croisés, surmontés d'une grenade et entourés d'un ceinturon.  En fait, c’est un emblème de l'armée américaine, autour duquel il rajoute la mention : Hotchkiss Paris.

 


Il

Il déposa de nombreux brevets dont les plus importants concernent le canon revolver, des modèles de fusils à répétition et le canon à tir rapide qui équipera une grande partie des navires de guerre durant plus d'un demi siècle.

Benjamin Berkeley HOTCHKISS mourut à Paris en 1885 et sa société prospère lui a survécu.

Elle continua à produire de l'armement et sa mitrailleuse fut adoptée par l'armée française en 1897.

La guerre de 1870 vit pour la première fois l’utilisation des canons à balles Reffye .

 


De

De par l’importance de leurs poids, ils furent installés sur des affûts classiques d'artillerie. Ces pièces furent utilisées comme pièces d’artillerie car elles étaient regroupées en batterie. On ne sait pas grand chose sur les éventuels succès de cette arme. Il fallut attendre les années 1890 pour que des études sérieuses se fassent sur ce type d’arme suite au rachat, par la société Hotchkiss, d’un brevet austro-hongrois sur une arme automatique et suite à l’invention quelques années auparavant de la poudre sans fumée. De ce brevet, seule la partie traitant du mécanisme interne fut utilisée par les ingénieurs de la société Hotchkiss. Bientôt les premières mitrailleuses Hotchkiss virent le jour et furent  mises à l’essai . Après quelques améliorations, elles furent vendues entre autre au Japon, qui l’utilisa lors du conflit qui l’opposa à la Russie en 1905. Le bon comportement de cette arme apporta à la firme, une solide réputation.

Après plusieurs autres améliorations, ce modèle fut proposé à l'adoption à l'armée française. Elle fut approuvée et l'arme fut mise en service en corps de troupe sous l'appellation de mitrailleuse Hotchkiss modèle 1900. Par la suite, la mitrailleuse modèle 1900 fut modifiée par suppression de la crosse et de la sûreté dont elle était équipée et prit le nom de mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 . Le modèle 1900 fut fabriqué à environ 300 exemplaires. Le modèle 1914 reçut tout au long de sa  carrière plusieurs modifications.

 

 

 

II / Les différentes modifications entre les modèles 1900 et 1914:

 

Dessins de la Hotchkiss modèle 1900.

Dessins de la Hotchkiss modèle 1914.




Le nouveau piston est renforcé et permet de résister à 90 000 coups. Il y avait trois piston de rechange avec le modèle 1900, il n’y en a plus qu’un pour le modèle 1914 .

La sûreté est supprimée (suppression du verrou de sûreté permettant de bloquer le piston).



 




-        

Le couvre-culasse est transformé et renforcé pour l’adaptation d'une poignée, d'une tige et d'un poussoir servant à dégager la nouvelle broche de culasse (transformée également).

La détente ne comporte plus qu'un cran.

La culasse, l’extracteur, l’éjecteur et le percuteur sont modifiés.

Le canon devient plus facile à remplacer grâce au filetage à filets interrompus, le régulateur d'échappement modifié.

-    La clavette de démontage du canon devient excentrique pour un démontage plus rapide.

Le levier d'armement est muni d'un tenon sur la partie antérieure permettant de dégager le cliquet du passe bandes.

Le doigt du cliquet est modifié pour que l'on puisse le tirer en arrière en actionnant le levier d'armement.

 



III   Renseignements d’ordre général :

 

Fabricants: Firme Hotchkiss-Brandt à Lyon et Saint Denis,

                   Société Alsacienne de Construction Mécanique (SACM) à Cholet pour les canons                               

                   modifiés pour la cartouche modèle 1932N.

 

Classification: arme lourde collective sur affût à tir en rafale illimitée uniquement.

 

Système moteur: emprunt des gaz par évent au canon et poussée sur le piston par le cylindre à gaz.

 

Percussion :  rectiligne avec percuteur solidaire de la masse percutante.

 

Extraction :  extracteur poussé par un ressort.

 

Ejection :  éjecteur oscillant et projettent fixé sur la boite de culasse.

 

Détente :  par système détente-gâchette.

 

Utilisation:  longues et moyennes distances.

 

Sécurité :  course de garde au verrouillage.

 

Alimentation :  par introduction directe de la cartouche, par bande rigide de 24 cartouches ou

                         par bande articulée de 251 cartouches

 

 

A suivre….

                                                                   Grenadier la lanterne.

 

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 14:44

arton510.jpg
MITRAILLEUSE ANTI-CHARS.

 

03.jpg

 

Mitrailleuse de 13,2 HOTCHKISS modèle 1930

 

 

CHAPITRE PREMIER.

 

GENERALITES

 

ARTICLE UNIQUE.

 

107 La pièce de mitrailleuse anti-char reste en batterie de jour. De nuit, ou toutes les fois que les circonstances l’imposent (en cas d’attaque d’infanterie sans char), elle est remplacée par le jumelage de substitution.

Le service de l’arme est assuré par le personnel affecté au jumelage soit ; un chef de pièce tireur, un chargeur et un pourvoyeur.

 

CHAPITRE II

 

ECOLE DU SERVANT

 

ARTICLE PREMIER

 

Fonction du tireur.

 

108 Mettre en place et enlever la lunette.

Se conformer aux prescriptions des N° 20 et 21.

 

109 Faire marquer la hausse.

Se conformer aux prescriptions du N°22.

 

110 Armer la mitrailleuse.

Saisir le levier d’armement à la poignée avec la mains gauche, le ramener à fond en arrière, puis le reconduire à sa position avant.

 

111 Pointer l’arme.

Le chargeur ayant débloqué la pièce :

-         placer l’œil contre la lunette, la main droite au volant de pointage en hauteur, l’autre main à la poignée de la pièce, les épaules contre les épaulières de la crosse à plastron ;

-         amener la réticule en coïncidence avec le point à viser, en déplaçant la pièce ;

-         en direction par action, d’une part, des épaules sur la crosse à plastron et, d’autre part, de la main gauche sur la poignée de la pièce ;

-         en hauteur par action de la main droite sur le volant de pointage en hauteur.

 

112 Tirer

L’arme étant pointée, agir franchement au moment opportun sur la poignée de la mise de feu avec la main droite.

Maintenir l’arme immobile pendant toute la durée de la rafale.

 

113 Interrompre le tir.

Abandonner la poignée de mise de feu sans cesser d’observer l’objectif.

 

114 Cesser le tir.

Abandonner la poignée de mise de feu et après enlèvement de la boîte-chargeur :

-         donner deux coups de sécurité ;

-         ramener la hausse à zéro et la dérive à 98 ;

-         remettre l’aiguille de repérage en regard de la graduation 25 ;

-         remettre l’affût à sa position horizontale.

 

ARTICLE II

 

Fonction du chargeur.

 

115 Placer l’affût dans le créneau.

Faire pivoter le volet articulé pour amener l’affût en face du créneau ;

-         pousser l’affût à fond dans le créneau ;

-         manœuvrer les leviers (ou le levier) de fermeture des broches ;

-         s’assurer que les bonhommes-arrêtoirs sont engagés complément dans leur logement ;

-         disposer le système d’évacuation des étuis.

 

116 Retirer l’affût du créneau.

Dégager les broches pour libérer le masque ;

-         retirer l’affût du créneau et le ramener contre le mur à l’aide de son volet articulé.

 

117 Mettre la mitrailleuse sur l’affût.

S’assurer que le verrou de fixation de l’arme est enlevé.

Engager l’extrémité du canon dans le logement ménagé à cet effet dans l’obturateur, puis la partie inférieure de la boîte culasse dans la glissière.

Exercer une poussée vers l’avant, puis une pression de haut en bas sur la partie postérieure de la boîte de culasse pour faire pénétrer dans son logement le crochet de fixation.

Immobiliser l’arme à l’aide du verrou de fixation.

 

118 Séparer la mitrailleuse de l’affût.

Exécuter dans l’ordre inverse les opérations prévues au numéro précédent.

 

119 Approvisionner.

Pour mettre une boîte-chargeur en place :

-         ouvrir le couvercle du boîtier de chargeur ;

-         saisir la boîte-chargeur avec les deux mains et la présenter légèrement inclinée vers l’avant ;

-         l’engager et la maintenir à fond dans son logement ;

-         la faire basculer vers l’arrière jusqu’à encliquetage sur le verrou de boîte-chargeur.

 

120 Retirer la boîte-chargeur.

Appuyer d’arrière en avant, sur la came de dégagement de la boîte-chargeur ; avec la paume de la main droite, faire basculer la boîte-chargeur dans le même sens.

 

121 Faire marquer la dérive.

Faire tourner le tambour moleté des dérives et amener la graduation voulue en face du trait repère.

 

122 Bloquer l’arme.

a En direction.

Serrer l’écrou de blocage de l’aiguille de repérage ; amener et fixer les deux butoirs mobiles au contact de cet écrou.

 

123 b En hauteur.

Amener et fixer les bagues inférieure et supérieure contre l’armature en bronze du mécanisme de pointage en hauteur.

 

ARTICLE III

 

Fonction du pourvoyeur.

 

124 Garnir une boîte-chargeur.

A A la main.

-         Introduire 30 cartouches une à une, en maintenant les culots le plus possible en arrière, pour éviter que les pointes des balles ne viennent frotter contre la boîte-chargeur.

 

125 B Avec la machine spéciale.

-         Fixer l’appareil, muni de son couloir articulé, sur la table de chargement à l’aide de son crampon ;

-         Introduire la partie inférieure d’une boîte-chargeur dans la boîte de chargeur, d’abord par son angle antérieure, ensuite par sa partie arrière en la faisant basculer jusqu’à encliquetage sur le verrou ;

-         Préparer les cartouches et les introduire, successivement, dans le couloir articulé ;

-         Actionner à la main alternativement, vers l’avant et vers l’arrière, le levier de manœuvre du piston parallélépipédique. Introduire ainsi successivement les cartouches dans la boîte-chargeur ;

-          Dégager la boîte-chargeur en appuyant sur le poussoir du verrou de boîte-chargeur et la faire basculer dans le même sens.

 

CHAPITRE III

 

ECOLE DE LA PIECE

 

ARTICLE PREMIER

 

Mise en batterie.

 

126 Mise en place de l’arme.

Le chargeur dispose l’affût et la mitrailleuse comme il est dit au N° 115 et 117.

 

Le chef de pièce (tireur) :

-         s’assure de la mise en place correcte du matériel, particulièrement du dispositif de verrouillage ;

-         place la lunette et règle l’oculaire ;

-         dispose la crosse à plastron ;

-         manœuvre deux fois le levier d’armement pour s’assurer du bon fonctionnement de l’arme.

 

127 Dispositions d’alerte.

-         Au commandement :

 

Alerte aux chars.

La pièce est mise en batterie.

Les servants occupent les mêmes emplacements de combat que pour le jumelage.

Le tireur vérifie que la hausse est à 0, le tambour des dérives à la graduation 98 et arme la mitrailleuse.

Le chargeur approvisionne et débloque l’arme.

Le pourvoyeur fixe la machine à garnir les boîtes-chargeurs sur la table de chargement et s’assure de son bon fonctionnement.

 

ARTICLE II

 

Préparation du tir.

 

128 Les commandements sont donnés comme il est dit au N° 53.

 

129 Aux commandements :

 

Objectif…… Tel char,

Hausse…….. Tant,

Dérive……… Tant,

Le tireur observe son objectif et fait marquer la hausse (N° 109), le chargeur fait marquer la dérive (N° 121).

 

ARTICLE III

 

Exécution du tir.

 

130 Au commandement :

 

Rafale de …… Tant …… De cartouches……

Commencez le feu.

Le tireur pointe et tire en se conformant aux prescriptions des N° 230 et 232, relatifs à la conduite et à la méthode de tir.

Le chargeur alimente l’arme et remplace la boîte-chargeur dès qu’elle est épuisée.

Le tireur continue ainsi jusqu’à ce que l’engin pris à partie paraisse hors d’état de nuire, ou que sa distance dépasse 600 mètres.

 

131 Si le tir s’arrête inopinément, le tireur arme et tâche de reprendre le tir.

Si le tir ne peut être repris il annonce :

Incident de tir.

Les servants aidés au besoin par l’armurier-mécanicien, s’efforcent alors de remédier à l’incident.

 

132 Lorsque la pièce est remise en état de tirer, le tireur rend compte au chef de chambre de tir qui décide s’il y a lieu de reprendre le tir.

 

133 Interruption momentanée et reprise du tir.

Au commandement :

Halte au feu,

Le tireur abandonne la poignée de mise de feu et continue d’observer l’objectif, le chargeur remet une boîte-chargeur pleine.

 

134 Au commandement :

Continuez le feu,

Le tir est repris avec les mêmes éléments.

 

135 Cessation du tir.

Au commandement :

Cessez le feu,

-         le tireur abandonne la poignée de mise de feu ;

-         le chargeur retire la boîte-chargeur et la donne au pourvoyeur ;

-         le tireur exécute les prescriptions du N° 114 et le chargeur bloque en direction sur la division 25 ;

-         le pourvoyeur regarnit les boîtes-chargeurs et les place dans les casiers.

 

136 Refroidissement de l’arme.

Le refroidissement s’effectue à l’aide de chiffons mouillés dont on enveloppe le canon après un tir ininterrompu de 8 boîtes-chargeurs et si les circonstances le permettent.

 

137 Inspection de l’arme.

L’inspection de l’arme est passée par le chef de chambre de tir ; elle comporte les mêmes vérifications que pour la mitrailleuse de 7,5.

Pour cette opération l’arme est laissée sur l’affût.

 

ARTICLE IV

 

Réglage.

 

138 Le réglage consiste à mettre en parallélisme l’axe optique de la lunette et l’axe du canon.

Il s’effectue à l’aide des méthodes et procédés indiqués pour le réglage du jumelage de mitrailleuses.

Il ne comporte pas les opérations préliminaires prévues au N° 64.

 

139 Les corrections sont réalisées en agissant sur l’orientation de la lunette (dérive 100) et non sur celle du canon qui est fixe.

Le collier postérieur de la lunette porte à cet effet deux touches filetées destinées, l’une au réglage horizontal, l’autre au réglage vertical.

 

140 La cible à employer pour le réglage par parallélisme et simple visée porte le figuratif indiqué par le schéma ci-dessous :

 

 

04.jpg

 

 

141 Dans le réglage par simple visée, le pointage initial s’effectue par l’âme du canon.

La réticule de la lunette est amené, par approximations successives, soit sur le visuel de lunette (méthode par parallélisme), soit sur le point éloigné (méthode par convergence).

 

Dans le réglage par le tir, le réticule est amené ;

-         soit (mot barré) sur un point situé à 97 m/m à droite et 47 m/m au-dessus du point moyen du groupement (réglage par parallélisme),

-         (Paragraphe barré) soit sur le centre de l’aire de réception (réglage par convergence).

 

 

 

05.jpg 

A suivre….

 

 

Photos, collection J.M. GRATIANNE

 

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 14:21

Lors de nos pérégrinations à PARIS, une personne rencontrée au magasin LE POILU nous a transmis gratuitement une copie d’un original du manuel « d’instruction pour les équipages de casemates isolées d’infanterie de région fortifiée du 30 juillet 1938 ». Que ces quelques lignes soient le témoignage de nos remerciements collectifs!

 

 

Voici donc ci-après le manuel retranscrit. Pour information les annotations du propriétaire d’origine sont mises en italiques et sont de couleur rouge.

 

FUSIL-MITRAILLEUR DE CLOCHE TYPE « A »

 



Casemate du GRAND LOT (en 2003)

 

CHAPITRE PREMIER.

 

GENERALITES

 

ARTICLE UNIQUE.

 

93 Le service du fusil-mitrailleur est assuré :

- par un tireur ;

- par un pourvoyeur qui se tient dans la chambre inférieur.

 

CHAPITRE II

 

ECOLE DU SERVANT

 

ARTICLE PREMIER

 

Fonction du tireur.

 

94 Mettre le fusil-mitrailleur sur la rotule.

-         ouvrir le volet de la rotule en rabattant la manette vers la gauche ;

-         enlever la glace, en la tirant vers le haut ;

-         dégager complètement le verrou ; à cet effet, saisir le crochet de verrou et presser sur la plaquette d’arrêtoir en tirant vers le bas ;

-         agrafer, s’il y a lieu, le collecteur d’étuis sur le flasque droit ;

-         ouvrir le déflecteur, en dégageant son verrou et en le rabattant vers la droite ;

-         engager le canon du fusil-mitrailleur dans le canal correspondant dans la rotule ; pousser sans brusquerie l’arme à fond vers l’avant ;

-         ramener le verrou de rotule à la position haute, en agissant sur le méplat inférieur du crochet, jusqu’à accrochage de l’arrêtoir ;

-         fermer le déflecteur en le ramenant vivement à la position haute ;

-         remettre la glace en place.

 

95 Séparer le fusil-mitrailleur de la rotule.

Exécuter dans l’ordre inverse les opérations du numéro précédent.

 

96 Mettre le fusil-mitrailleur en batterie.

-         libérer le créneau de son épiscope ;

-         dégager le fusil-mitrailleur du crochet-support, en saisissant l’arme par la poignée et par le prolongement postérieur de la rotule ;

-         engager la rotule dans le cadre, les tourillons face aux encastrements à sus-bandes ; pousser à fond vers l’avant ;

-         fermer les sus-bandes ;

-         raccorder le tuyau souple au collecteur d’étuis ; à cet effet ; saisir la bague reposant sur le plancher, remonter le tuyau souple, engager à fond la bague baïonnette sur l’embout, les ergots face aux échancrures ; faire tourner la bague dans le sens des aiguilles d’une montre en tirant légèrement vers le bas à la fin du mouvement.

 

97 Retirer le fusil-mitrailleur du créneau.

Exécuter dans l’ordre inverse les opérations prévues au numéro précédent.

 

98 Armer, approvisionner, pointer, tirer.

Le fusil-mitrailleur étant en batterie, le tireur :

-         relève l’épaulière ;

-         exécute une visée rapide et règle, s’il y a lieu, à l’aide du volant de commande, la hauteur du plancher de la cloche ;

-         ouvre le déflecteur du collecteur d’étuis ;

-         arme et approvisionne ;

-         referme le déflecteur ;

-         dispose la hausse et pointe.

Quand le pointage est assuré, le tireur agit sur la détente et conduit le tir, comme il est prescrit aux N° 149 et 150 de l’instruction sur la pratique du tir du 15 novembre 1930.

 

99 Interrompre le tir.

Mettre l’arme à la sûreté et remplacer la boîte-chargeur.

Si le tir s’arrête inopinément, armer et essayer de continuer le tir.

En cas d’impossibilité, réduire l’incident de tir.

 

100 Arrêter le tir.

Lorsque le tir est terminé, se conformer aux prescriptions du N°152 de l’instruction sur la pratique du tir, ensuite :

-         retirer le fusil-mitrailleur du créneau ;

-         passer l’inspection de l’arme ;

-         remettre l’épiscope en place dans le créneau.

 

Cloche type « A » et champ de rails anti-chars.

 

ARTICLE II

 

Fonction du pourvoyeur.

 

101 Garnir les boîtes-chargeurs.

Se conformer aux prescriptions du N° 163 de l’instruction sur la pratique du tir du 15 novembre 1930.

 

102 Ravitailler la cloche en boîtes-chargeurs.

Faire passer à l’aide du panier les boîtes-chargeurs regarnies au tireur qui renvoie les boîtes-chargeurs vides.

 

103 Actionner le ventilateur à main.

Mettre le ventilateur en action en agissant sur la manivelle à la vitesse de 80 tours-minute.

 

104 Evacuer les étuis.

Remplacer tous les 500 coups environ le panier à étuis de la caisse étanche par un panier vide.

A cet effet :

-         ouvrir la caisse étanche après avoir fermé le clapet ;

-         changer le panier ;

-         refermer la caisse étanche et ouvrir le clapet ;

-         verser les étuis dans les caisses à cartouches vides.

 

CHAPITRE III

 

MISE EN ŒUVRE DE L’ARME.

 

ARTICLE UNIQUE.

 

105 Lorsque le tir du fusil-mitrailleur est envisagé , le tireur le met en batterie dans le créneau convenable.

Il tire et conduit son tir, en se conformant aux prescriptions de l’école du servant.

 

106 Le pourvoyeur met le ventilateur à main en action dès l’ouverture du feu, et ne cesse qu’une minute après l’arrêt du tir.

Il regarnit les boîtes-chargeurs vides et recomplète l’approvisionnement du casier à boîtes-chargeurs de la cloche.

Il assure l’évacuation des étuis.

 

Fin de la première partie

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 09:25

undefined Billet n° 09/2007



Sommaire :

La marine allemande déploie cinq batteries côtières autour de la Loire
La batterie sur rail de Batz-sur-Mer
Conception et fonctionnement du Grand Blockhaus
Du Débarquement à la Libération
La transformation en musée

La marine allemande déploie cinq batteries côtières autour de la Loire :

Formé en Allemagne en juin 1940, le 280e bataillon d’artillerie de la marine (Marine-Artillerie-Abteilung 280) est envoyé dans la région de Saint-Nazaire dès le mois suivant. Le rôle de ce bataillon est de protéger la région contre toute attaque maritime. Son secteur de défense comprend le port de Saint-Nazaire avec ses installations et surtout la future base sous-marine ainsi que les grandes plages où un débarquement est possible. Cette unité de défense côtière vient en fait à peine d’être constituée en Allemagne avec des personnels de réserve. Le moral du bataillon est bon à son arrivée. Après un certain temps la monotonie s’installera dans le service pour ces hommes dont la plupart, à leur arrivée, sont déjà âgés en moyenne de 30 à 45 ans.

Le bataillon va déployer ses cinq batteries au nord et au sud de l’estuaire :

Les deux premières batteries de la M.A.A. 280 sont installées au sud de la Loire sur les emplacements d’anciennes batteries côtières de la marine française, la première à la Pointe Saint-Gildas, la seconde au Pointeau. Les deux batteries sont remises en état et équipées chacune avec quatre vieux canons de 75 mm français. La batterie du Pointeau sera modernisée en 1943 par l’apport de canons allemands de 10,5 cm à chargement rapide. La troisième batterie est installée au nord de la Loire sur l’ancien emplacement de la marine française du Fort de l’Eve. Cette batterie lourde est équipée de quatre canons de 17 cm à chargement rapide. C’est la seule batterie du bataillon qui est réellement équipée de canons adaptés à l’emploi qui en est fait. Dans le courant de l’année 1942 le bataillon de marine côtière 280 est doté de deux batteries supplémentaires. Ces nouvelles batteries lourdes sont équipées chacune de deux canons sur rail français datant de la guerre 14-18 ! La 4e batterie s’installe au nord de la Loire à Batz-sur-Mer, la 5e au sud à Préfailles.

La batterie sur rail de Batz-sur-Mer :

 Batz-sur-Mer.jpg

La batterie sur rail de Batz-sur-Mer
Plan de la batterie sur rail de Batz-sur-Mer. Dessin Laurent Cochet

Afin de contrôler le chenal du nord de l'entrée de la Loire et de contrebattre tout gros bâtiment voulant soutenir un débarquement sur la plage de La Baule, les Allemands décident d'installer une batterie lourde sur voie ferrée à Batz-sur-Mer. C'est la 4e batterie de la M.A.A. 280 qui est envoyée pour former une batterie à Kermoisan, petit bourg de la commune de Batz-sur-Mer, situé à une vingtaine kilomètres à vol d'oiseau au nord de l'embouchure de la Loire. Les effectifs en hommes de la batterie sont les suivants début 1943 : 2 officiers, 24 sous-officiers et 164 hommes de troupe. Ils sont commandés depuis le 31 octobre 1941 par un simple lieutenant de réserve, Friedrich Schmidt, qui restera à ce poste jusqu’en mai 1945. Si le commandant reste dans le poste de direction du tir, l’autre officier, le sous-lieutenant Wilhelm Tiedemann, est toujours présent à côté des canons sur rail.

Fin 1941, les habitants du Croisic voient arriver à la gare deux grosses pièces d'artillerie lourde montées sur voie ferrée, suivies par cinq wagons de matériel et de munitions. Il s'agit de deux canons français de 240 mm Schneider Mle 1893-96 M « Colonies » qui proviennent du parc de réserve générale d'artillerie de l'armée française. Saisis par l'armée allemande à l'armistice en 1940, ils ont été emportés en Allemagne pour être testés avant d’être remis en service sur l’Atlantique. Dès leur arrivée fin 1941, les soldats de la 4e batterie s’installent autour du Moulin de Kermoisan où une dizaine de baraquements en bois sont construits, principalement pour le logement. L’Organisation Todt va ériger un véritable camp retranché protégé par un double réseau de barbelés entre lesquels des mines sont posées. Au milieu de ce camp deux aires de tir pour les canons sur rail sont raccordées directement à la voie ferrée Le Croisic - Saint-Nazaire. La batterie est située à environ 500 mètres à l'intérieur des terres, ce qui la rend invisible de la mer en cas de duel avec d’éventuels navires. Le meilleur tir est obtenu à 18 km de distance. Le premier problème de ces vieux canons qui peuvent tirer très loin est la précision. En cas de tir contre un objectif marin, les obus peuvent tomber de manière très dispersée à plus de cent mètres autour de la cible ! Malgré de nombreux essais sur les poudres employées lors des tirs, les impacts resteront toujours relativement dispersés pour l’utilisation qui devait en être faite. En plus de cela la cadence de tir d'un coup toutes les quatre minutes est très lente. Pour ces deux raisons l’emploi de ces vieux canons français est presque totalement inefficace contre un but marin mobile ! Ils sont surtout là pour avoir un effet dissuasif. Les canons et leurs servants vont être protégés des éclats d’obus par un parapet bétonné semi-circulaire. Six bunkers de stockage de munitions sont construits à côté de chaque position de tir.

 canons_sur_rail.jpg

L'un des deux canons sur rail de la batterie de Batz-sur-Mer dans son encuvement bétonné. Ces canons d'origine française avaient servi pendant la guerre de 14-18 avant d'être saisis par les Allemands en 1940. Coll. BA

A côté des vieux sous-officiers spécialistes, de nombreux artilleurs de marine sont de très jeunes garçons dont le principal souci est de ne pas se faire remarquer pour éviter l'envoi sur un front moins calme en représailles. Ils seront néanmoins régulièrement sollicités pour rejoindre l’arme sous-marine. Pendant ces années de guerre la vie quotidienne se déroule paisiblement pour les artilleurs de la batterie qui fréquentent les nombreux cafés de Batz-sur-Mer et de Kermoisan. La vie journalière des artilleurs se borne à effectuer une surveillance de jour comme de nuit, à édifier des abris pour stocker une partie des munitions, à effectuer les tâches ménagères dans les baraquements où ils logent, à entretenir les canons et surtout à s’entraîner à leur maniement. Après le raid britannique sur Saint-Nazaire la région est encore plus fortifiée et la batterie de Kermoisan est pressentie pour devenir une batterie d'importance capitale, elle doit recevoir quatre nouveaux canons de 305 mm pouvant tirer jusqu'à 51 km !

Conception et fonctionnement du Grand Blockhaus :

type_S_414.jpg
 
Poste de Direction de Tir type S 414 à 5 niveaux
Vue arrière du blockhaus camouflé en villa par l'adjonction d'un faux toit en bois et la peinture de 31 fenêtres en trompe l'œil. A quelques dizaines de mètres le camouflage est déjà trompeur. Coll. Yves Poupinot

Pour diriger le tir des canons et contrôler le trafic maritime entre Belle-île-en-Mer et Noirmoutier, la construction d'un Poste de Direction du Tir lourd type S 414 est programmée pour la fin de l'année 1942. Il sera installé sur le promontoire rocheux de la Dilane, à 16 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le cinquième niveau hébergeant le télémètre sera ainsi à près de 30 mètres de haut. La construction du gros œuvre commence le 22 octobre 1942 pour s'achever avec le camouflage le 8 février 1943. Les premiers travailleurs qui mettent en place le squelette métallique du bunker avec 125 tonnes de fer sont des ouvriers Nord-Africains, stationnés au Camp Africain II de la Salinière au Pouliguen. Ils vont être relayés par une centaine d’ouvriers travaillant pour deux entreprises du bâtiment allemandes, Zollner et Polansky, en contrat avec l’Organisation Todt. Il y a un ouvrier français pour un ouvrier allemand, en général un homme plutôt âgé, mais pas de surveillants. Il leur faudra pas moins de 27 heures pour couler le béton liquide en trois étapes successives ! Auparavant une cinquantaine de menuisiers avaient travaillé pendant plusieurs semaines pour coffrer avec du bois l’ensemble du squelette métallique du bâtiment. Pendant le mois de mars et au début avril 1943 de jeunes français requis du Service du Travail Obligatoire et des entrepreneurs locaux payés par l'O.T. réalisent les travaux de finition comme le carrelage, la plomberie, l’électricité, l’habillage des murs avec du lambris... Logés au Pouliguen à l’ancien camp africain, les jeunes français du S.T.O. sont amenés tous les jours en camion sur leur lieu de travail, sauf le dimanche. Cet ouvrage de 25 mètres de long sur une hauteur maximale de 17 mètres a nécessité 1800 m3 de béton, ce qui représente 300 camions toupies de 6 m3 ! Son espace intérieur est de 285 m², les murs donnant sur l’extérieur et les plafonds ont partout deux mètres d'épaisseur.
Presque seul sur la lande et posé sur un promontoire rocheux, le blockhaus est très visible. Il est d'abord à sa livraison début 1943 défendu par un petit canon anti-aérien de 20 mm placé sur son toit, puis en février 1943 camouflé en maison. Ce camouflage en grosse villa est effectué par de jeunes allemands qui effectuent leur service du travail pendant trois mois au sein de la 6e Arbeitsabteilung de l'Arbeitstruppe 304 (R.A.D. Abteilung 6/304), unité formée à Burtenbach en Bavière. Un double faux toit est construit ainsi qu'un mur d'angle en briques pour cacher, côté mer, les faces anguleuses du blockhaus. Pour finir de lui donner une allure de grosse villa ils vont peindre trente et une fausses fenêtres en trompe-l'œil sur toutes les faces, ainsi que des fausses briques sur les angles et au raz du sol. Pour la finition, des rambardes sont ajoutées sur l’escalier d’accès et des faux balcons sont mis en place devant les visières, elles-mêmes surmontées de poutres en bois.


Le PDT est constitué de 5 niveaux différents ayant des tâches spécifiques :
- Le sous-sol abrite la partie vie avec trois chambrées contenant 21 lits pour la troupe et les sous-officiers, une salle de ventilation, une salle des machines avec un groupe électrogène, la chaufferie qui alimente les radiateurs répartis dans tout le bâtiment ainsi que deux petites pièces pouvant servir pour une armurerie, une petite infirmerie ou le stockage de pièces détachées ;
- Le rez-de-chaussée abrite principalement la salle d'exploitation et de tracé calculant les coordonnées du but à atteindre ainsi qu'une salle de transmission, la chambre de l'officier de quart, les blocs sanitaires ainsi qu'une très large entrée protégée par deux créneaux de défense ;
- Au niveau supérieur du rez-de-chaussée que l'on atteint par un petit escalier, un premier poste d'observation muni d'une lunette goniométrique permet de calculer l’azimut magnétique d’un objectif en mer, c’est à dire son angle par rapport au nord magnétique (boussole) ;
- On accède à la deuxième visière d'observation par une échelle métallique. Un deuxième poste d'observation plus vaste est mis en place. Il peut héberger deux observateurs munis de jumelles d’approche et un appareil très moderne, le correcteur de parallaxe. Compte tenu de la distance assez grande entre les canons sur rail et le PDT, ce correcteur de parallaxe permet de corriger les indications de gisement ;
- Le dernier niveau, à 28 mètres au dessus de la mer, est équipé d'un grand télémètre de quatre mètres d’origine française. Il donne avec précision la distance d'un navire croisant au large.

Le blockhaus est occupé par 20 soldats et le chef de batterie. Pour assurer le fonctionnement technique d'un tel ouvrage, il faut au moins un officier de tir, un observateur principal, un observateur auxiliaire, un chronométreur, un technicien au télémètre et un homme pour effectuer les corrections de parallaxe. Les marins effectuent un système de roulement sur place pour garantir une surveillance de jour comme de nuit. S’ils peuvent se reposer dans l’une des trois chambrées dans le sous-sol du bâtiment, en dehors des alertes ils sont cantonnés à l’extérieur du bunker. Ils logent avec les servants des canons anti-aériens qui assurent la défense du PDT dans plusieurs villas réquisitionnées et dans trois baraquements construits à l’intérieur de l’enceinte clôturée. Le commandant du blockhaus, pour sa part, habite la grande villa « Ty Brao » qui domine la plage du Derwin, à quelques centaines de mètres du PDT.

A cause de la présence permanente de troupes dans le bâtiment, tout est prévu pour le confort des hommes : les chambres sont chauffées par des radiateurs, une partie du sol est carrelé tandis que certains murs sont recouverts de lambris. Deux pièces sont équipées de toilettes et de lavabos avec l’eau courante, ce qui est rare à cette époque. La première est utilisée par les hommes de troupe, la deuxième qui sert aussi de poste de surveillance de l'entrée est réservée aux sous-officiers et au commandant. L'eau usée est évacuée par des conduits directement vers la mer. Les portes étanches ainsi que l'air filtré qui circule dans le blockhaus permettent aux soldats de vivre en autarcie, même en cas d'attaque par les gaz de combat. Avec une réserve d'eau et de nourriture ainsi qu’une infirmerie, le blockhaus est autonome pour tenir plusieurs jours en situation de combat. Son mobilier en bois, traité contre le feu, est calculé pour prendre le moins de place possible. Les tables et les tabourets sont pliants. Les lits tubulaires, d'un modèle proche de ceux utilisés sur les bateaux, peuvent se rabattre contre les murs.

Pour contrer toute attaque aérienne, le PDT est protégé à partir de la mi-43 par six canons français anti-aériens de 75 mm placés en encuvements dans un rayon de 150 mètres autour de lui, trois de chaque côté. Deux projecteurs de 60 et 150 cm peuvent aussi entrer en action en cas d’attaque nocturne. Enfin, pour une attaque rapprochée d’un chasseur par exemple, deux canons de 20 mm sont installés dans des encuvements rectangulaires de chaque côté de la route. Contre une attaque maritime le blockhaus est protégé côté mer par une petite falaise de plus de dix mètres de haut ainsi que par une rangée de barbelés et de chevaux de frise. Son accès arrière, côté terre, est protégé par cinq Tobrouk pour mitrailleuse ainsi que par une casemate bétonnée construite début 1944 pour abriter un canon de campagne de 75 mm. La route côtière qui mène au PDT est barrée et contrôlée de chaque côté. Son enceinte de protection, à l'intérieur de laquelle les quelques villas en place sont réquisitionnées, englobe les projecteurs, les encuvements anti-aériens et les défenses arrières.

Du Débarquement à la Libération :

Au moment du Débarquement en juin 1944 les canons de 30,5 cm sont encore en cours d'usinage en Allemagne, ils ne seront jamais livrés à Batz-sur-Mer. Les artilleurs de marine apprennent par la radio et les journaux ce qu'ils appellent « l'invasion » en Normandie. Ils suivent début août 1944 l'irrésistible percée de Patton en Bretagne... Quand ils se retrouvent à la mi-août encerclés dans la Poche de Saint-Nazaire, le front le plus proche, au-delà de la Vilaine, est encore à une trentaine de kilomètres de la batterie ! Le danger maintenant ne vient plus de la mer mais de l'arrière. La présence des deux canons de 24 cm à Kermoisan n'étant plus nécessaire, une des deux pièces sur voie ferrée est détachée au commandant de l'artillerie de la forteresse. Profitant du fait que les voies ferrées dans la Poche sont toujours intactes, la pièce sur rail va y circuler et jouer un rôle dans les combats qui s'y déroulent. La nouvelle base de repli du canon est le tunnel de Pontchâteau, situé dans la carrière de Grénébo. Des emplacements de tir lui sont aménagés à Campbon et Besné, le canon peut aussi tirer à partir de la sortie de la gare de Savenay. C’est d’ailleurs là qu’il sera retrouvé à la Libération. La pièce d'origine française aura bombardé les lignes françaises et américaines qui contiennent la Poche jusqu'au 6 mai 1945. Historiquement, ce canon sur rail est le dernier canon de l’artillerie lourde sur voie ferrée française à avoir tiré pendant la deuxième guerre ! Entre le 8 mai 1945, date de la signature de la reddition de la poche de Saint-Nazaire, et le 11 mai 1945, jour de l'entrée des troupes alliées dans la Poche, les marins de la 4. /M.A.A. 280 cantonnés à Batz-sur-Mer prennent la direction de leur camp de prisonniers, le parc pionnier situé près de la gare.

Tandis que le bourg de Batz-sur-Mer est libéré, le Poste de Direction de Tir est pris en charge par les soldats français du 4e Régiment de Fusiliers Marins qui retirent ce qu'ils peuvent utiliser, notamment les six canons de D.C.A. français de 75 mm. Après leur départ, le blockhaus est pillé par la population civile qui récupère tout ce qui peut être utile : mobilier, tapis, boiseries, électricité, plomberie, rampes d'escalier... Tout ce qui ne peut être emporté sera détruit, seul le coffre-fort en béton de près de 300 kilos qui était au sous-sol reste en place. Dès le 12 mai 1945, le télémètre français de 4 mètres est abîmé, la population met le toit en bois factice par terre pour récupérer les matériaux qui le composent. Dans les mois qui suivent des prisonniers allemands ainsi que des munitions sont gardés dans le PDT par les fusiliers marins du 4e R.F.M. Sous le contrôle de cadres français, jusqu'en octobre 1945, les prisonniers allemands démantèlent toutes les batteries. Les matériels récupérés sont regroupés à la gare de La Baule avant de partir vers des centres de stockage. 1500 prisonniers allemands, conformément aux prescriptions du protocole de la reddition de la Poche, effectuent aussi le déminage de la région.

La transformation en musée :

L'ancien Poste de Direction du Tir de Batz-sur-Mer, vidé de tout son contenu, est abandonné à la fin de la guerre. De 1951 à 1953 il est habité par une famille de réfugiés de Saint-Nazaire, puis il se retrouve de nouveau vide. Visible à des kilomètres, le blockhaus devient un lieu de visite pour les touristes qui viennent sur la côte. A la fin des années cinquante, le PDT est mis en vente par le propriétaire du terrain. Un panneau "A vendre" y est apposé. La marine Nationale s'y intéresse et utilise son droit de préemption pour l'acheter en 1958. Elle pourrait éventuellement l'utiliser comme sémaphore ou pour installer un radar. En fait il ne sera jamais occupé par la marine française ni restauré. Une porte vite installée sera vite détruite et le bâtiment est de nouveau ouvert à tout vent. Des ferrailleurs démontent plusieurs portes blindées pour les vendre au poids du métal puis le télémètre disparaît à son tour. La mairie de Batz-sur-Mer finit par murer le bâtiment dans les années 70 pour éviter des accidents. Des villas sont construites tout autour et leurs propriétaires arrivent à faire pousser des arbres sur cette côte sauvage balayée par le vent et les tempêtes. Au début des années 90 le PDT qui disparaît sous le lierre n'est presque plus visible de la route. Sa dalle supérieure de 40 tonnes menace de s'effondrer sur ses quatre piliers métalliques diminués de moitié par la rouille… les pompiers du Pouliguen viennent encore l'été, quand le sous-sol n'est pas trop inondé, pour y faire des exercices incendie… les graffitis ont recouverts les murs blancs et les plafonds. Les quelques portes qui subsistent sont bloquées par les gravats et la rouille…

A la fin de l'été 1994, mon frère Marc et moi décidons de restaurer le site et de le transformer en musée. Originaires de Chantilly dans l'Oise, nos parcours scolaires (école d'ingénieur à Paris pour ma part et école de commerce à Bordeaux pour mon frère) ne nous avaient pas tellement préparé à cette expérience. Mais notre volonté d'aboutir et la passion de l'histoire qui nous animait depuis notre plus jeune âge ont permis de surmonter les obstacles. Après plus de deux ans et demi de négociations administratives et six mois de travaux, le musée ouvre enfin ses portes le 1er juillet 1997. Il aura fallu évacuer près de 10 tonnes de gravats, utiliser plus de 8 tonnes de sable pour nettoyer les murs intérieurs, les portes et les plafonds ainsi que 650 kilos de peinture pour lui redonner une nouvelle jeunesse. Le musée est entièrement privé et n'a bénéficié d'aucune subvention de l'Etat. Il ne vit que grâce aux entrées des visiteurs qui ont dépassé le nombre de 300 000 en 10 ans. Le bâtiment est sauvé, et de ruine devient lieu de mémoire et site touristique. Il sert aussi de support pédagogique aux écoles et lycées désireux de faire connaître l'histoire locale. En quelques années nous avons collecté des centaines de témoignages et sauvegardé plus de 8 000 documents et photos d'époque sur la région pendant le dernier conflit mondial.

Autres lieux de mémoire à découvrir dans la région :
Chateaubriant : la stèle commémorative des 27 otages fusillés (22 octobre 1941) dans la carrière de la Sablière ;
Saint-Nazaire : la base sous-marine et le monument du commando britannique ;
La Baule – Escoublac : le cimetière anglais ;
Vestiges du Mur de l'Atlantique mis en valeur : la batterie allemande de la Pointe du Halguen à Pénestin (56), du Pointeau au sud de St-Brévin et de la Pointe St-Gildas à Préfailles ;
Saffré : le monument à la mémoire du maquis attaqué le 27 juin 1944 ;
Saint-Marcel – Malestroit (56) : le Musée de la Résistance Bretonne ;
Cordemais : la plaque commémorative apposée sur la maison devant laquelle fut signée la reddition de la poche allemande le 8 mai 1945 ;
Bouvron : le monument rappelant la cérémonie de reddition de la poche du 11 mai 1945 ;
La Sicaudais : le monument des troupes françaises pour la partie sud de la Poche ;
Pornichet : le cimetière allemand de Saint-Sébastien.

Le conservateur Luc BRAEUER

Bibliographie :
Autres ouvrages de Luc Braeuer : La Baule 1939-1945 (1998), La Poche au Pays-de-Retz (1999), L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire (2000), La Base sous-marine de Saint-Nazaire (2001), Forteresse Saint-Nazaire, la marine allemande face aux Alliés (2002), Raid sur Saint-Nazaire, Opération Chariot (2003), Saint-Nazaire 39-40 (2004), U-Boote ! Saint-Nazaire (2006).

Informations pratiques :

Le Grand Blockhaus, Musée de la Poche de Saint-Nazaire
Côte sauvage 44740 Batz-sur-Mer
Tél. / Fax 02 40 23 88 29
E-Mail : grand-blockhaus@wanadoo.fr
Site : www.grand-blockhaus.com
Ouvert : vacances scolaires de février et du 1er avril au 11 novembre tous les jours de 10 à 19h.

Grand_Blockhaus.jpg

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 09:03

undefined Billet n° 10/2007


Lors de nos pérégrinations à PARIS, une personne rencontrée au magasin LE POILU nous a transmis gratuitement une copie d’un original du manuel « d’instruction pour les équipages de casemates isolées d’infanterie de région fortifiée du 30 juillet 1938 ». Que ces quelques lignes soient le témoignage de nos remerciements collectifs!
 

Voici donc ci-après le manuel retranscrit. Pour information les annotations du propriétaire d’origine sont mises en italiques et sont de couleur rouge.

47mm.jpg 

Effacement du jumelage de mitrailleuses et mise en place du canon antichar de 47 mm, type d’arme non développée dans l’instruction du 30 juillet 1938.

CHAPITRE III, ECOLE DU JUMELAGE :

ARTICLE PREMIER

Généralités

50 L’école du jumelage a pour but d’enseigner au personnel le service du jumelage. Elle entraîne les servants à coordonner les connaissances qu’ils ont acquises à l’école du servant.

ART. II

Mise en batterie.

51 Au commandement :
Jumelage en batterie,
- le chargeur broche le cadre de fixation et met les armes en place ;
- le chef de (mot rayé)jumelage(tireur) place la lunette, contrôle le montage du matériel, règle la crosse à plastron et la mise au point de la lunette, manœuvre deux fois le levier d’armement des mitrailleuses pour s’assurer de leur bon fonctionnement et arme la pièce ;
- le chargeur approvisionne chaque arme ;
- le premier pourvoyeur fixe l’appareil à garnir les boîtes-chargeurs et s’assure de son bon fonctionnement ;
- le pourvoyeur ouvre les caisses de cartouches, dispose les cartouches en lames-chargeurs sur les tablettes de chargement qu’il place à gauche et à proximité de l’appareil ;
- l’armurier-mécanicien dispose les accessoires.

52 La mise en batterie terminée, les servants se placent de la façon suivante :
- le tireur debout derrière le jumelage ;
- le chargeur à droite du jumelage face au carter de ventilation ;
- le pourvoyeur à la table de chargement.
Dans la chambre de tir à deux jumelages :
- le premier pourvoyeur à la table de chargement ;
- le pourvoyeur à proximité des caisses à munitions ;
- l’armurier-mécanicien entre les deux jumelages.

ART. III

Préparation du tir.

1° Tir direct.

53 Les commandements sont donnés par le chef de la chambre de tir lorsque ce dernier peut observer l’objectif. Dans le cas contraire, les différentes opérations sont exécutées à l’initiative du tireur.

54 Aux commandements :
Tir direct débloqué sans fauchage, ou avec fauchage en direction, en hauteur.

Hausse…..Tant,
- le tireur fait marquer la hausse (N° 22)
- Le chargeur débloque le jumelage en desserrant l’écrou de blocage du système de repérage en direction et écarte les butoirs mobiles.
 
jumelage.jpg

Prise en compte par l’ennemi du matériel livré, ici un jumelage de mitrailleuses.

54 Au commandement :

Sur tel, point (ou telle ligne),

- le tireur pointe (N° 24 à 26).

2° Tir-repéré.

55 Aux commandements :
Tir-repéré bloqué, secteur de repérage …..tant,
Ou bien :
Tir-repéré avec fauchage en direction.
Secteur de repérage à gauche…..tant,
A droite…..tant,
- le chargeur débloque le jumelage ;
- le tireur pointe en direction (N°27), le chargeur bloque en direction (tir bloqué) ou immobilise les butoirs (tir débloqué) ;
Aux commandements :
Niveau :
Colonne…..tant,
Tambour…..tant,
(Eventuellement angle négatif)
- le tireur pointe en hauteur (N° 28) ;
- le chargeur amène et immobilise la bague inférieure de vis de pointage en hauteur contre l’armature en bronze du mécanisme de pointage en hauteur.
Dans le cas où la mission principale comporte un tir avec fauchage en hauteur, repéré au préalable, le commandement est complété par le suivant :
Avec fauchage en hauteur de (tant)…..à (tant).

56 Lorsque les opérations de pointage sont terminées, le tireur annonce :
Jumelage droit (gauche) prêt.

ART. IV.

Exécution du tir.

57 Aux commandements :
Débit accéléré (normal, lent),
« Feu »,
- le tireur exécute le tir en se conformant aux prescriptions des N° 29 à 31 (En outre, dans le cas où le chef de la chambre de tir ne peut observer lui-m^me, le tireur conduit lui-même son tir comme il est prévu au N° 232) ;
- le chargeur alimente l’arme. Chaque fois qu’une boîte-chargeur est épuisée, il annonce au tireur ;
Fin de boîte-chargeur.
Lorsque le tir est exécuté en débit accéléré, il annonce le numéro d’ordre de la boîte-chargeur. Après la troisième, le tireur change d’arme et donne l’ordre à l’armurier-mécanicien de refroidir l’arme chaude.
Si le tir s’arrête inopinément, le tireur arme énergiquement et essaye de continuer le tir.
Si le tir ne peut être repris, il annonce :
Incident de tir et fait appel à l’armurier-mécanicien si l’incident ne peut être réduit par le personnel de l’équipe.
58 Lorsque la pièce est remise en état de tirer, le chargeur annonce :
Prêt.

59 Interruption momentanée et reprise du tir.
Au commandement :
Halte au feu,
Le tireur abandonne la détente et s’assure que l’arme est restée correctement pointée.

60 Au commandement :

Continuez le feu,
Le feu est repris avec les mêmes éléments.

Cessation du tir.
Au commandement ;
Cessez le feu,
- le tireur abandonne la détente ;
- le chargeur retire les boîtes-chargeurs et les place soit sur une table de chargement si elles sont entamées ou vides, soit dans les casiers si elles sont pleines ;
- le tireur se conforme au prescriptions du N° 33 et le chargeur bloque en direction ;
- les pourvoyeurs recomplètent les boîtes-chargeurs vides ou entamées.
S’il y a lieu, l’armurier-mécanicien, aidé des servants, nettoie successivement les armes ayant tiré.

62 Inspection du jumelage.
Pour cette opération les armes doivent être laissées sur l’affût. L’inspection des mitrailleuse est passée par le chef de la chambre de tir qui s’assure, à l’aide de la sonde, qu’aucun corps étranger n’existe dans le canon.

ART. V.

Réglage. (Ces procédés de réglage ne sont applicables qu’en cas d’échange de la lunette ou des armes. Toute modification au réglage initial, effectué en manufacture, est interdite en temps de paix. La vérification éventuelle du réglage est faite par des équipes spécialisées dans des conditions fixées par dépêche ministérielle).
Paragraphes 63/64/65 barrés

63 Le réglage consiste à rendre parallèles trois axes distincts :
- les axes de canons des deux mitrailleuses ;
- l’axe optique de la lunette.
Il peut se réaliser :

A. Par parallélisme ;
B. Par convergence sur un point éloigné.
La première de ces méthodes comporte elle-même deux procédés :
1° Par simple visée ;
2° Par le tir.
Elles permettent également de vérifier et de rétablir le réglage le cas échéant.

64 Dans tous les cas, et particulièrement en vue des tirs préparés, le réglage est précédé des opérations suivantes :
1°S’assurer que la réticule de la lunette coïncide avec un point de gisement connu lorsque l’aiguille de repérage se trouve elle-même sur la division correspondant au même gisement.
Dans la négative, bloquer le jumelage sur cette division et à l’aide de la touche d’orientation en direction de la lunette, amener la ligne de foi verticale sur le point de gisement connu ;
2° S’assurer que la lunette est horizontale pour la position d’affût correspondant au niveau 0. A cet effet :
- rendre l’affût horizontal à l’aide du niveau ;
- placer ensuite le niveau sur la partie antérieure du corps de lunette et constater s’il existe une inclinaison.
Dans l’affirmative, ramener la bulle entre ses repères en agissant sur la touche inférieure du collier postérieur de lunette.

A Réglage par parallélisme.

65 1° Par simple visée :
a Dispositions préalables :
- placer sur une cible un visuel de 50 millimètres de diamètre et deux D et G comme l’indique le schéma ci-dessous :

 paral.jpg

- installer cette cible à 50 mètres de la bouche des pièces ;

casemate_double.jpg 

A suivre….


Photos, collection J.M. GRATIANNE

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 08:34

undefined Billet n° 11/2007




L’APRES 1870, L’ARMEE DE LA REVANCHE DANS NOS FORTIFICATIONS
MOUVEMENTS DE MATERIEL

A la fin de notre article sur les voies de 50 et 60, nous avions laissé le mouvement de matériel de forteresse sur une photo représentant le transport par plateau de chemin de fer classique de l’artillerie dit de forteresse. Reprenons maintenant ces mouvements par le transport sur péniche de cette artillerie. Mieux que des mots voici deux photos explicatives :

peniche.jpg 

Verdun-Pièce de siège, embarquement dans une péniche

 
embarquement.jpg

Verdun-Exercice d’embarquement des pièces de sièges par Artillerie de Forteresse

Le matériel utilisé pour une manœuvre de pièces de sièges se compose dans la majorité des cas de :
Chèvres de place
Cric de siège
Vérins hydrauliques

Et bien entendu des agrès composés des éléments suivants :

Levier de siège ou de chèvre
Chaîne calibrée
Poulie
Manivelles
Supports de madriers
Plateaux de pointe
Piquets
Masses frettées
Jarretières doubles
Traits à canon
Elingues de circonstance ou du commerce
Prolonge double
Maillets
Palans d’affût marin
Petit diable à deux roues
Chantiers
Demi-chantiers
Madriers de siège
Bouts de madrier
Civière à chaîne outillée
Clef à écrous dite parisienne
Billots ou manches d’outils
Bourgerons

Maintenant abordons le problème du mouvement de matériel particuliers à l’armement des forts. Les meilleurs exemples  sont les mouvements verticaux sous voûtes.

Pour cette manœuvre sont utilisés des palans VERLINDE (principalement 4 et 6 tonnes). Il est recommandé à cette époque de n’employer les appareils de levage du commerce qu’à moitié environ de leur force nominale ; exemple :
Les palans de 6 tonnes à la charge maxima de 3800 Kil.
Les palans de 4 tonnes à la charge maxima de 2600 Kil
Les palans de 1500 Kil. à la charge maxima de 800 à 900 Kil.
Les palans de 1000 Kil. à la charge maxima de 500 Kil.

Il est recommandé aussi de prendre les plus grandes précautions, si en raison de la confiance que donne les chaînes on est amené à dépasser ces maxima. Dans tout les cas, il faut éviter les secousses, et interdire, d’une façon absolue, de passer sous les fardeaux suspendus.

Abordons maintenant l’emploi du matériel DECAUVILLE combiné avec les différents monte-charges.

Les voies DECAUVILLE sont convenablement établies aux divers étages de la fortification, la manœuvre se résume ainsi :
Amener le fardeau sous les appareils d’ascension ; placer un pont-rails sous le fardeau suffisamment élevé ; amener le porteur sous le fardeau ; manœuvrer pour descendre jusqu’à ce que le fardeau repose sur le porteur.

1) Monter un canon de 155 long :

Equiper le canon en le saisissant par son centre de gravité ; l’élever horizontalement ; le placer ensuite sur de nouveaux porteur amenés sur le pont-rails.
Supprimer la prépondérance de volée du canon de 155 long , en engageant une pince de levier cassé ou deux cales dans l’anse de la pièce, du côté de la culasse.

Le personnel nécessaire à cette manœuvre se compose de 8 hommes qui amènent le canon, l’accrochent, le dirigent pendant son mouvement, le mettent sur porteur et l’emmènent ; de plus 8 hommes (2 groupes de 4) alternent aux manivelles. Total, 16 hommes.
Le temps nécessaire est de 2 à 4 minutes environ pour le chargement et le déchargement ; ajouter 1 minute par mètre d’ascension quand la chèvre ou l’ascenseur sont équipés à 1 brin.

 ascension-copie-1.jpg

Pour information les expériences faites au fort de CORMEILLES ont fait ressortir l’avantage des dispositions suivantes :

a) Qu’il faut ajouter aux agrès des appareils ascenseurs un petit palan à trois rouets et à moufle métallique de la force de 1000 Kil. environ.
b) Dans l’installation de l’appareil ascenseur, il faut disposer les poulies de tête de façon que, l’appareil qui est équipé à un brin, la chaîne de levage tombe dans le plan médian de la cage.1

2) Monter des bois de plates-formes :

Le fardeau est constitué par un nombre de couches de lambourdes-gîtes ou autres éléments des plates-formes, donnant environ 0,64 m de hauteur. Le fardeau est brêler aux supports pivotants par des jarretières. L’on passe autour du fardeau une prolonge en croix qui s’engagent, pour chacun des supports pivotants, dans deux des quatre anneaux que ceux-ci présentent ; l’on saisie alors cette prolonge avec le crochet double d’équipement de la chaîne de levage. On manœuvre le tout pour monter.
Quand le fardeau, suspendu par son centre gravité, est arrivé à une hauteur suffisante, il faut le faire tourner de 90° pour l’amener normalement à la longueur de la cage, c’est à dire dans le sens de la voie DECAUVILLE ; dans ce mouvement, le fardeau peut heurter les hanches de la chèvre si on ne déplace pas son centre de gravité. A cet effet il faut employer un palan dont une des moufles est fixée à un crochet scellé dans la voûte de la traverse et l’autre à la partie inférieure du crochet double d’équipement. Quatre hommes manœuvrent au palan et déplacent l’ensemble du fardeau, tandis que d’autres le font tourner. Bien brêlé et très serré il ne faut élever que la quantité strictement nécessaire ; l’on amène le pont-rails sous le fardeau, ses passerelles repliées.
Personnel nécessaire : 16 hommes.
Temps nécessaire : 7 minutes pour le brêlage, le chargement et le déchargement ; ajouter 1 minute par mètres d’ascension.

3) Monter un affût.

La manœuvre ne présente rien de particulier pour les affûts dont la longueur d’essieu n’atteint pas 1,80 m. Si cette longueur d’essieu est dépassée, il n’est plus possible d’élever l’affût horizontalement ; la manœuvre s’exécute alors ainsi qu’il suit (canons de 155 long et 120) :

Agrès- 1 chaîne calibre de 18m.- 2 crochets doubles d’équipement à touret.- 1 crochet double à anneau._ 1 trait à canon, 1ficelle.-4 leviers de manœuvre.- 8 madriers de plates-formes de 155 et 120.-2 demi-chantiers.- 6 grandes cales.
Manœuvre- Il faut conduire l’affût sur porteurs dans la cage d’ascenseur, la tête du côté de l’entrée de la traverse par laquelle il doit sortir (pour éviter plus tard une rotation de 180°). Il faut enlever les roues, qui seront montées séparément.- Entourer les tenons de manœuvre, avec les deux boucles d’un trait à canon embrassant la flèche, les deux brins réunis sur le côté et fortement serrés ;puis réunir ce trait à canon à la deuxième maille de la chaîne de levage par l’intermédiaire d’un crochet double d’équipement, à touret ; il faut maintenir le cordage dans la gorge du crochet par un bout de ficelle.- On dispose sur la chaîne, à 3,70 m environ de la deuxième maille, un second crochet double d’équipement à touret qui saisit par son milieu l’entretoise de pointage.
Il faut manœuvrer pour monter en maintenant l’essieu dirigé dans le sens de la longueur de la cage, la flèche prenant une direction presque verticale.- L’affût est élevé à 1,05 m environ au-dessus du sol de la traverse, il faut établir sur la cage d’ascenseur un plancher formé de madriers (deux madriers superposés sous les fusées d’essieu).- Par la suite remettre les roues ; manœuvrer pour descendre ; faire avancer l’affût jusqu’à ce que les roues aient leur point d’appui à l’aplomb du mur de cage.- En manœuvrant pour descendre ; dégager l’entretoise de pointage dès que cette opération devient possible. Il faut manœuvrer pour élever la crosse : 2 hommes décalent les roues en avant, s’y appliquent et font avancer la tête de l’affût.

 manoeuvre.jpg

Il faut continuer cette opération jusqu’à ce que la crosse soit dégagée de la cage et suffisamment élevé pour qu’on puisse conduire un porteur au–dessous d’elle. Ensuite manœuvrer pour descendre.- Puis déséquiper l’affût sur vérin.

Personnel nécessaire : 20 hommes et 1 chef de manœuvre.
Première partie, 8 hommes amènent et équipent l’affût, 12 hommes en 3 équipes, aux manivelles.
Deuxième partie, 6 hommes conduisent les roues, 2 hommes guident l’affût, 12 hommes aux manivelles.
Troisième partie, 12 hommes placent des madriers, font avancer l’affût, 8 hommes en 2 équipes, aux manivelles.

Cette manœuvre, en cas d’urgence, peut être faite au strict minimum avec 13 hommes et 1 chef de manœuvre

Temps employé : 3 minutes pour équiper l’affût ; 7 minutes pour les manœuvres qui ont lieu après l’ascension ; ajouter 1 minute par mètre d’ascension.

J.M. GRATIANNE
M. HARANT


Photos, cartes postales, gravures, collection J.M. GRATIANNE

 artfort.jpg

 
Les hommes de l’Artillerie de Forteresse

 

 

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