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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 11:26
http://pages.ca.inter.net/~ttoyooka/oshiro/index.html
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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 10:44

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- Enceinte urbaine de Marseille

- Château d’If

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- Fort Notre-Dame

- Fort Saint-Nicolas

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- Fort Saint-Jean
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- Batteries côtières

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- Défenses allemandes

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 10:22

Table des matières

 

-Introduction

-Rôle de la fortification permanente

-Organisation d’une grande place moderne

-Forts

-Tracés

-Profil ordinaire – Flanquement des fossés

-Profil triangulaire

-Locaux accessoires

-Liaisons téléphoniques, acoustiques, télégraphiques

-Organes de flanquement des intervalles

-Casemates de Bourges

-Tourelle de 75

-Organes de défense propre

-Artillerie de petit calibre dans les forts

-Eclairage des abords de la fortification

- Organisation des centres de résistance

-Ouvrages intermédiaires

-Installation de l’artillerie

-Positions avancées

-Seconde zone de défense

-Noyau central

-Liaisons dans la place avec l’extérieur

-Indications sommaires sur les tourelles cuirassées

-Le Gouverneur

-La garnison

-Armement

-Matériels des divers services

-Mobilisation d’une grande place

-Aperçu des opérations d’attaque et de défense d’une place


Introduction

 

En raison de la mise en oeuvre d’une artillerie douée de qualités destructives imprévues, et de la forme spéciale qu’a prise la guerre actuelle, la fortification permanente s’est trouvée vulnérable et a pu paraître en partie inagissante. Faut- il en conclure qu'elle doive être désormais taxée d’impuissance et d’inutilité ? Porter présentement un tel jugement serait aussi téméraire que de vouloir indiquer dès aujourd’hui les transformations qu’elle devra éprouver dans l’avenir. La crise actuelle est, mais en tout cas à un degré moindres de même nature que celle qui a surgit en 1886, lorsqu’à la faveur de l’invention d’explosifs puissants les obus torpilles ont fait leur apparition.

Aux forts construits dans tous les Etats immédiatement après la guerre de 1870 avec leurs parapets à traverses saillantes, à cavaliers hauts (voir planche II verso figure 6), avec leurs artillerie à ciel ouvert et leur abris en simple maçonneries, ont alors succédé les ouvrages bétonnés rejetant au dehors la presque totalité de leur artillerie pour ne conserver sous cuirasse ou sous casemate à l’épreuve que les pièces nécessaires au flanquement et à leur défense propre ; c’était une des étapes successives de la lutte séculaires entre les boulet et cuirasse.

Nous avons dit plus haut que la crise actuelle était à une degré moindre de même nature que celle qui a surgit lors de l'apparition des obus torpille. – Et, en effet, l’insuffisance de la fortification du début de la guerre a-t-elle été véritablement aussi grande qu’on le pense ?

Faits pour résister à du 220, ou tout au plus à du 270, nos ouvrages ont pu recevoir victorieusement les atteintes de calibres beaucoup plus puissants. Certes des voûtes ont été percées, mais beaucoup ont résisté ; des dalles de casernes en béton armé ont subi presque sans dommage l’effet de coups isolés de 420. Des tourelles blessées ont pu être aisément remises en service ; les dégâts causés sur leurs infrastructures ont été insignifiants. La plus grande prudence doit être gardée dans le jugement à porter sur la fortification permanente.

Quoi qu’il en soit, ce jugement et l’étude des modifications qui devront lui être apportées auront nécessairement pour point de départ la connaissance de la fortification telle qu’elle se présentait au moment même de la mobilisation et qu’en tout cas on ne peut brusquement effacer sur le sol. Il est donc indispensable de connaître cette fortification.

C’est à elle que se rapportent les présentes leçons, en n’empruntant à la fortification ancienne que les principes fondamentaux destinés à faciliter l’exposition du sujet.

 

Références.

Instruction générale du 30 juillet 1909 sur la guerre de siège.

Instruction du 19 juin 1913 sur le service de l’artillerie dans la guerre de siège.

Instruction pratique provisoire du 11 avril 1906 sur le service du Génie dans la guerre de siège.

Instruction pratique provisoire de 21 juillet  1913 sur le service dans un fort de la zone principale de défense.

Décret du 7 octobre 1909 portant règlement sur le service de place (1e partie Chap.IV – et – 2e partie).

La fortification cuirassée, par le Lt-Colonel du Génie Piarron de Mondésir, 1 volume 1909 (Encyclopédie scientifique du Docteur Toulouse, Doin Editeur).

 

 

 

Fortification Permanente.

 

Rôle de la fortification permanente.

Les organisations défensives (forts, places fortes, camps retranchés, région fortifiées) ont un double rôle : considérées individuellement, elles ont pour mission de barrer les grandes voies d’invasion qui peuvent être suivies par l’ennemi en cas d’envahissement brusqué du territoire ; considérées par rapport au système défensif des Etats, dont elles constituent les éléments, elles servent de points d’appui et de pivots de manœuvre aux troupes de campagne.

Pour une armée poussant (Planche I  Fig. 1) son offensive en avant de la ligne formée par le système défensif des places fortes, ces places servent de soutient jusqu’au moment où, le succès s’affermissant et la probabilité de leur intervention disparaissent, elle deviennent inutiles, et leurs garnisons ainsi que leurs approvisionnements deviennent dès lors disponibles pour d’autres opérations.

On conçoit dès maintenant le lien étroit qui existe entre les armées actives et la fortification. Comme l’a dit très justement un écrivain militaire : « la fortification est la tactique écrite en style lapidaire. »

En 1806, Napoléon disait lui-même : « L’organisation des forteresses repose sur le même principe que la disposition des troupes ; elles doivent servir aux opération _ On doit créer à l’avenir de solides points d’appui aux endroits où l’on doit se borner à se défendre. »

En 1809, il disait : « Comme les canons et les forteresses sont des armes qui ne remplissent pas seules leur mission : elle doivent être maniées en conséquence. »

La fortification est donc intimement liée à la manœuvre. Toutefois si, (Planche I – Fig. 2) les forces nationales sont forcées, devant la pression de l’ennemi, et après avoir tenu la campagne le plus longtemps possible dans les intervalles, de se retirer en arrière d’une place forte, celle-ci se trouve abandonnée à elle-même ; par le fait elle peut être masquée, investie ou assiégée régulièrement par l’ennemi.

 

Organisation d’une grande place moderne

 

Pour se rendre compte de l’organisation d’une grande place moderne, et  pour savoir en quelque sorte lire une telle place sur le terrain et sur la carte, il convient de se reporter à ce qu’était l’ancienne place Vauban.

Les places de Vauban formaient ( Planche II) des enceintes continue, en forme de polygones étoilés, comprenant des saillants ou bastions, reliés entre eux par des éléments rentrants rectilignes, appelés courtines. Les bastions flanquaient les fossés, et les abords de la fortification. C’est le « tracé Bastionné. (Planche II). »

En avant des fossés et portés plus ou moins loin, mais toujours très près de l’enceinte, des dehors complétaient les rôles respectifs des organes de l’enceinte proprement dire.

Le tout était resserré et contenu sur une faible superficie de terrain, en raison de la faible portée que les armes possédaient alors.

Dans l’organisation des places modernes, rien n’est modifié aux principes de la fortification de Vauban, compte tenu toutefois de la très grande augmentation de la portée des armes.

Tout l’ensemble est ainsi dilaté autour du noyau central (Planche II).

Les saillants (Bastions) sont reportés à 6 ou 7 kilomètres en avant, suivant les rayons émanant du noyau central et devenant des centre de résistance ; les courtines jalonnent les intervalles entre ces centres de résistance et se morcellent en éléments discontinus devenant eux-mêmes des ouvrages intermédiaires ; les dehors en avant de la ligne des centres de résistance sont continués par des positions avancées, des localités (villages, bois) organisées au moment du besoin.

 

Zone principale de défense.

La zone comportant l’ensemble des organes constitués par les centres de résistance et leurs intervalles, et qui se substitue en réalité à l’enceinte de la place de Vauban, s’appelle la zone principale de défense. Comme l’enceinte de Vauban, elle doit rester inviolable.

Dans le cas le plus général, les centres de résistance comprennent : un fort, des batteries de gros calibre, des observatoires, des poster de projecteurs, des localités, des ouvrages d’infanterie.

De même que, dans l’enceinte de Vauban, les bastions de flanquent réciproquement, de même, dans  la zone principale de défense, les centres de résistances, et en particulier les forts qui en sont les organes principaux, doivent flanquer tout le terrain des intervalles.

Les centres de résistance doivent en outre posséder tous les éléments nécessaires à leur défense propre.

Grâce à l’étendue du terrain disponible entre le noyau central et le périmètre extérieur de la place, l’artillerie a toute indépendance pour occuper les positions les plus favorables à son tit et à l’observation.

 

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 10:09

Enceinte médiévale

Forts de 1832


-1 Fort de la Duchère (1844-1851)

-2 Fort de Caluire (1831-1835)

-3 Fort de Montessuy (1831-1836)

-4 Redoute du Bel-Air

-5 Redoute du Haut-Rhône

-6 Fort de la Tête d'Or

-7 Lunette des Charpennes

-8 Fort des Brotteaux (1831-1833)

-9 Fort de la Part Dieu

-10 Fort de Villeurbanne (Montluc)
-11 Lunette des Hirondelles

-12 Fort de la Motte (1832-1835)

-13 Fort du Colombier (1831-1835)

-14 Fort de la Vitriolerie (1843-1846)

-15 Fort Sainte-Foy (1842-1848)

-16 Redoute de Sainte-Foy

-17 Fort Saint-Irénée (1831-1841)

-18 Enceinte continue

-19 Lunette du Fossoyeur

-20 Fort Loyasse (1838-1840)

-21 Fort de Vaise

-22 Batterie de Pierre-Scise (Pierre Seize)

-23 Fort Saint-Jean

-24 Enceinte continue de la Croix-Rousse

-25 Fort de la Grange Blanche (non construit)

 

Enceinte de 1870. Travaux de défense (Séré de Rivières)


Forts de 1874 Séré de Rivières

-1 Fort du Mont Verdun

-2 Batterie de Narcel

-3 Batterie de monthou

-3 Batterie des Carrières

-4 Batterie de la Freta

-5 Batterie de Sathonay

-6 Fort de Vancia

-7 Ouvrage de Neyron

-8 Batterie de Sermenaz

-9 Nouvelle enceinte

-10 Ouvrage de Decines

-11 Fort de Meyzieu

-12 Ouvrage d'Azieu (non construit)

-13 Fort de Genos

-14 Batterie de Lessignas

-15 Fort de Bron

-16 Batterie de Parilly

-17 Fort de Saint Priest

-18 Fort de Corbas

-19 Fort de Feyzin

-20 Fort de Millery

-21 Fort de Montcorin

-22 Ouvrage de Champvillars

-23 Fort de Côte Lorette

-24 Fort du Clos Roux (non construit)

-25 Fort de Bruissin

-26 Fort de Chapoly

-27 Fort de Paillet

 

 

 voir le site grandlyon.com http://www.grandlyon.com/fileadmin/user_upload/Pdf/actualites/fortifications.pdf
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 10:10

En 1840 dans un contexte de tension internationale au sujet de l'Egypte, Louis-Philippe et son premier ministre Adolphe Thiers décident en toute hâte de fait ériger une ceinture fortifiée devant Paris.

Le but de Thiers est tant la défense de la capitale contre des ennemis étrangers que de maintenir un important contingent de troupes pour mâter les fréquentes émeutes insurrectionnelles (1832, 1834, 1839) comme le craint Etienne Arago député républicain.

Ce à quoi Thiers répond devant la chambre des députés :

 

"Quoi! Imaginer que des ouvrages de fortification quelconque peuvent nuire à la liberté ou à l'ordre, c'est se placer hors de toute réalité. Et d'abord, c'est calomnier un gouvernement, quel qu'il soit, de supposer qu'il puisse un jour chercher à se maintenir en bombardant la capitale. Quoi! Après avoir percé de ses bombes la voûte des Invalides ou du Panthéon, après avoir inondé de ses feux la demeure de vos familles, il se présenterait à vous pour vous demander la confirmation de son existence! Mais il serait cent fois plus impossible après la victoire qu'auparavant!"

 

En dépit de vives protestations, notamment celles de Lamartine, les travaux commencent dès 1840. Une loi est enfin votée le 3 avril 1841, elle permet d'allouer une somme de 140 millions aux ministères de la Guerre et des Travaux Public et de régulariser un budget de 30 millions déjà dépensés.

Les travaux conduits par 25 000 ouvriers, s'achèvent en 1845, 94 bastions sont construits sur une périphérie de 33 kilomètres ouverte par 17 portes, 23 barrières, 8 poternes, 8 passages de chemin de fer et 5 passages de rivières ou canaux.

 

L'enceinte est composée :

 

-D'une route militaire intérieure,

-D'un parapet de 6 mètres de large,

-D'un mur d'escarpe d'une épaisseur de 3,5 mètres et de 10 mètres de haut

-D' un fossé sec de 40 mètres,

-D'une contrescarpe en pente légère.

-D' un glacis de 250 mètres de long.

 

 

L'enceinte est conplètée par 17 forts détachés :

  

-Fort de Charenton

-Redoute de la Faisanderie

-Redoute de Gravelle

-Fort Neuf de Vincennes

-Fort de Nogent-sur-Marne

-Lunette de Nogent

-Redoute de Fontenay-sous-Bois

-Fort de Rosny-sous-Bois

-Lunette de Rosny

-Redoute de la Boissière

-Redoute de Montreuil
-Fort de Noisy-le-Sec

-Lunette de Noisy-le-Sec

-Redoute de Noisy-le-Sec

-Fort de Romainville

-Lunette de Romainville

-Courtine de Romainville
-Fort d'Aubervilliers

-Batterie de Pantin

-Batterie du Rouvray

-Batterie des Vertus
-Ouvrage d'Aubervilliers

-Batterie d'Aubervilliers

-Digue du Rû de Montfort

-Fort de l'Est

-Digue du Croult

-Fort de la Double couronne du Nord
-Rigole de la Briche

-Fort de de la Briche

-Fort du Mont-Valérien

-Fort d’Ivry

-Fort de Bicêtre

-Fort de Montrouge

-Fort de Vanves

-Fort d’Issy 

 

Des projets de fortification permanente sont étudiés dans les année 1840 pour contrôler les intervales importants entre les forts et certains angles morts. Ces ouvrages connaîtront un début d'exécution entre juillet et septembre 1870, il s'agit des forts suivant :

-Un fort dans la presqu'île de Gennevilliers en avant d'Asnières (fort d'Asnières) prévu pour 3 millions de francs.

-Une redoute au rond-point de Courbevoie (960 000 francs)

-Un fort de 3 à 4 millions de francs à Montretout

-Une redoute de 1,5 million de francs dans le parc de Saint-cloud

-Un fort en avant du pont de Sèvres sur l'éminence de Bellevue

-Une redoute au port à l'anglais.

-Une redoute au Moulin-Fidèle sur la berge droite de la Seine en arrière du fort de la Briche

-Une petite lunette au lieu-dit le Moulin-d'Hérode en avant du Mont-Valérien

 

 

 

Des travaux de voirie sont exécutés dans les décennies suivantes :

 

Construction d'une voie de chemin de fer de ceinture entre 1851 et 1862.

 

Remplacement de la route militaire par les "boulevards des Maréchaux" en 1861.

(La rue Militaire est remise à la Ville de Paris par le Génie Militaire en exécution d'une décision ministérielle du 28 juillet 1859 ).

 

Construction du Pont National (1852- 53) et du viaduc du Point du Jour (1863-65).

 

En 1859 le mur des fermiers généraux est détruit, les limites territoriales de Paris sont repoussées au glacis par le décret du 1er novembre 1859 et au 1er janvier 1860 les fortifications deviennent à leur tour enceinte fiscale.

 

L'évolution rapide de l'artillerie va rapidement rendre obsolètes ces fortifications et dès 1882 un député, Martin Nadaud lance le débat sur l'opportunité de conserver l'enceinte de Thiers. Des négociations entre l'Etat et la ville de Paris aboutirent par la loi du 19 avril 1919 au déclassement et à la cession de l'enceinte pour 100 millions de francs..

 

La Loi Bernard Lafay du 17 février 1953 abroge la zone non aedificandi.

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 10:04

Enceinte urbaine

{{Crozon}}
- [Tour Vauban->http://www.chez.com/nautismeartsculture/vauban.htm]
- Reduit de Quelern
- Caserne Sourdis
- Lignes de Querlern
- Fort du cap Trémet
- Fort de la Fraternité
- Pointe des Capucins http://www.chez.com/nautismeartsculture/ouvrage.htm
- Fort du Keviniou
- Fort de Cornouaile
- Fort Robert
- Fort du Stiff
- Batterie du Pourjoint
- Fort de la Pointe des Espagnols
- Batterie du Petit Gouin http://www.chez.com/nautismeartsculture/ouvrage.htm
- Projecteur de recherche du Grand Gouin (1937)
- Motte castrale Roz an
- Fort de Crozon (Séré de Rivières)
- Réduit de Landaoudec (Séré de Rivières)
- Fort de Kervéneuré
- Batterie de Lanvéoc
- Batterie du Toulinguet
- Batterie de Kerbonn
- Batterie de de la Mort aux anglais

 
Camp retranché de Saint-Pierre
- Fort du Montbarey
- Redoute de Keranroux
- Redoute de Questel-Bras (ou Guestel-Bras)
- Fort de Penfeld
- Ouvrage à cornes de Queliverzan,
- Enceinte fortifiée du Bouguen
- Cinq forts avancés du Portzic

Goulet de Brest
- Fort du Portzic
- Fort du Dellec
- Fort du Mengant
- Fort du Minou
- Fort de Toulbroc'h
- Batterie de Bertheaume
- Fort de Bertheaume
- Batterie de la Pointe de Saint-Mathieu
 
Rade de Brest
- Batterie de la Pointe d'Armorique
- Batterie de la Pointe du Corbeau


Ile d'Ouessant
- Fort central ou Réduit de la Croix Saint-Michel (1902-1906) (Séré de Rivières)
- Batterie de Parluc'hen
- Batterie de Locqueltas
 


Le Conquet
- Fort Saint-Louis


Autres ouvrages :
- Batterie des Rospects
- Batterie haute de Bertheaume
- Fort de Bertheaume
- Fort et réduit de Toulbroch
- Casernement de Toulbroch
- Fort, batterie, casermement et radar du Minou
- Fort et batterie de Mengam
- Batterie de Kerdalaez
- Batterie du Dellec
- Fort du Dellec
- Fort de Penfeld
- Fort de Montbarrey
- Fort du Portzic
- Batterie extérieure du Portzic
- Batterie du Forectic
- Batterie de Kersiou
- Batterie de Tremet
- Fort du Toulinguet
- Casernement de Lagatjar
- Batterie du Cap de la Chèvre http://presquile.crozon.free.fr/coppermine/displayimage.php?album=14&pos=41
- Batterie de l'îlot de l'Aber
- Fort de la Pointe de l'Armorique
- Redoute des Blancs Sablons
- Batterie du Cador
- Fort de Chaulnes (Fort du Mengant)
- Batterie du ravin de Mengant
- Fort du Corbeau


  
Concarneau
_

Port-Louis

 

Bibliographie :  "Les fortifications en Bretagne
du XVII° siècle à nos jours", par René Estienne http://www.servicehistorique.marine.defense.gouv.fr/prodt/prodpe1.htm

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 09:25

undefined Billet n° 09/2007



Sommaire :

La marine allemande déploie cinq batteries côtières autour de la Loire
La batterie sur rail de Batz-sur-Mer
Conception et fonctionnement du Grand Blockhaus
Du Débarquement à la Libération
La transformation en musée

La marine allemande déploie cinq batteries côtières autour de la Loire :

Formé en Allemagne en juin 1940, le 280e bataillon d’artillerie de la marine (Marine-Artillerie-Abteilung 280) est envoyé dans la région de Saint-Nazaire dès le mois suivant. Le rôle de ce bataillon est de protéger la région contre toute attaque maritime. Son secteur de défense comprend le port de Saint-Nazaire avec ses installations et surtout la future base sous-marine ainsi que les grandes plages où un débarquement est possible. Cette unité de défense côtière vient en fait à peine d’être constituée en Allemagne avec des personnels de réserve. Le moral du bataillon est bon à son arrivée. Après un certain temps la monotonie s’installera dans le service pour ces hommes dont la plupart, à leur arrivée, sont déjà âgés en moyenne de 30 à 45 ans.

Le bataillon va déployer ses cinq batteries au nord et au sud de l’estuaire :

Les deux premières batteries de la M.A.A. 280 sont installées au sud de la Loire sur les emplacements d’anciennes batteries côtières de la marine française, la première à la Pointe Saint-Gildas, la seconde au Pointeau. Les deux batteries sont remises en état et équipées chacune avec quatre vieux canons de 75 mm français. La batterie du Pointeau sera modernisée en 1943 par l’apport de canons allemands de 10,5 cm à chargement rapide. La troisième batterie est installée au nord de la Loire sur l’ancien emplacement de la marine française du Fort de l’Eve. Cette batterie lourde est équipée de quatre canons de 17 cm à chargement rapide. C’est la seule batterie du bataillon qui est réellement équipée de canons adaptés à l’emploi qui en est fait. Dans le courant de l’année 1942 le bataillon de marine côtière 280 est doté de deux batteries supplémentaires. Ces nouvelles batteries lourdes sont équipées chacune de deux canons sur rail français datant de la guerre 14-18 ! La 4e batterie s’installe au nord de la Loire à Batz-sur-Mer, la 5e au sud à Préfailles.

La batterie sur rail de Batz-sur-Mer :

 Batz-sur-Mer.jpg

La batterie sur rail de Batz-sur-Mer
Plan de la batterie sur rail de Batz-sur-Mer. Dessin Laurent Cochet

Afin de contrôler le chenal du nord de l'entrée de la Loire et de contrebattre tout gros bâtiment voulant soutenir un débarquement sur la plage de La Baule, les Allemands décident d'installer une batterie lourde sur voie ferrée à Batz-sur-Mer. C'est la 4e batterie de la M.A.A. 280 qui est envoyée pour former une batterie à Kermoisan, petit bourg de la commune de Batz-sur-Mer, situé à une vingtaine kilomètres à vol d'oiseau au nord de l'embouchure de la Loire. Les effectifs en hommes de la batterie sont les suivants début 1943 : 2 officiers, 24 sous-officiers et 164 hommes de troupe. Ils sont commandés depuis le 31 octobre 1941 par un simple lieutenant de réserve, Friedrich Schmidt, qui restera à ce poste jusqu’en mai 1945. Si le commandant reste dans le poste de direction du tir, l’autre officier, le sous-lieutenant Wilhelm Tiedemann, est toujours présent à côté des canons sur rail.

Fin 1941, les habitants du Croisic voient arriver à la gare deux grosses pièces d'artillerie lourde montées sur voie ferrée, suivies par cinq wagons de matériel et de munitions. Il s'agit de deux canons français de 240 mm Schneider Mle 1893-96 M « Colonies » qui proviennent du parc de réserve générale d'artillerie de l'armée française. Saisis par l'armée allemande à l'armistice en 1940, ils ont été emportés en Allemagne pour être testés avant d’être remis en service sur l’Atlantique. Dès leur arrivée fin 1941, les soldats de la 4e batterie s’installent autour du Moulin de Kermoisan où une dizaine de baraquements en bois sont construits, principalement pour le logement. L’Organisation Todt va ériger un véritable camp retranché protégé par un double réseau de barbelés entre lesquels des mines sont posées. Au milieu de ce camp deux aires de tir pour les canons sur rail sont raccordées directement à la voie ferrée Le Croisic - Saint-Nazaire. La batterie est située à environ 500 mètres à l'intérieur des terres, ce qui la rend invisible de la mer en cas de duel avec d’éventuels navires. Le meilleur tir est obtenu à 18 km de distance. Le premier problème de ces vieux canons qui peuvent tirer très loin est la précision. En cas de tir contre un objectif marin, les obus peuvent tomber de manière très dispersée à plus de cent mètres autour de la cible ! Malgré de nombreux essais sur les poudres employées lors des tirs, les impacts resteront toujours relativement dispersés pour l’utilisation qui devait en être faite. En plus de cela la cadence de tir d'un coup toutes les quatre minutes est très lente. Pour ces deux raisons l’emploi de ces vieux canons français est presque totalement inefficace contre un but marin mobile ! Ils sont surtout là pour avoir un effet dissuasif. Les canons et leurs servants vont être protégés des éclats d’obus par un parapet bétonné semi-circulaire. Six bunkers de stockage de munitions sont construits à côté de chaque position de tir.

 canons_sur_rail.jpg

L'un des deux canons sur rail de la batterie de Batz-sur-Mer dans son encuvement bétonné. Ces canons d'origine française avaient servi pendant la guerre de 14-18 avant d'être saisis par les Allemands en 1940. Coll. BA

A côté des vieux sous-officiers spécialistes, de nombreux artilleurs de marine sont de très jeunes garçons dont le principal souci est de ne pas se faire remarquer pour éviter l'envoi sur un front moins calme en représailles. Ils seront néanmoins régulièrement sollicités pour rejoindre l’arme sous-marine. Pendant ces années de guerre la vie quotidienne se déroule paisiblement pour les artilleurs de la batterie qui fréquentent les nombreux cafés de Batz-sur-Mer et de Kermoisan. La vie journalière des artilleurs se borne à effectuer une surveillance de jour comme de nuit, à édifier des abris pour stocker une partie des munitions, à effectuer les tâches ménagères dans les baraquements où ils logent, à entretenir les canons et surtout à s’entraîner à leur maniement. Après le raid britannique sur Saint-Nazaire la région est encore plus fortifiée et la batterie de Kermoisan est pressentie pour devenir une batterie d'importance capitale, elle doit recevoir quatre nouveaux canons de 305 mm pouvant tirer jusqu'à 51 km !

Conception et fonctionnement du Grand Blockhaus :

type_S_414.jpg
 
Poste de Direction de Tir type S 414 à 5 niveaux
Vue arrière du blockhaus camouflé en villa par l'adjonction d'un faux toit en bois et la peinture de 31 fenêtres en trompe l'œil. A quelques dizaines de mètres le camouflage est déjà trompeur. Coll. Yves Poupinot

Pour diriger le tir des canons et contrôler le trafic maritime entre Belle-île-en-Mer et Noirmoutier, la construction d'un Poste de Direction du Tir lourd type S 414 est programmée pour la fin de l'année 1942. Il sera installé sur le promontoire rocheux de la Dilane, à 16 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le cinquième niveau hébergeant le télémètre sera ainsi à près de 30 mètres de haut. La construction du gros œuvre commence le 22 octobre 1942 pour s'achever avec le camouflage le 8 février 1943. Les premiers travailleurs qui mettent en place le squelette métallique du bunker avec 125 tonnes de fer sont des ouvriers Nord-Africains, stationnés au Camp Africain II de la Salinière au Pouliguen. Ils vont être relayés par une centaine d’ouvriers travaillant pour deux entreprises du bâtiment allemandes, Zollner et Polansky, en contrat avec l’Organisation Todt. Il y a un ouvrier français pour un ouvrier allemand, en général un homme plutôt âgé, mais pas de surveillants. Il leur faudra pas moins de 27 heures pour couler le béton liquide en trois étapes successives ! Auparavant une cinquantaine de menuisiers avaient travaillé pendant plusieurs semaines pour coffrer avec du bois l’ensemble du squelette métallique du bâtiment. Pendant le mois de mars et au début avril 1943 de jeunes français requis du Service du Travail Obligatoire et des entrepreneurs locaux payés par l'O.T. réalisent les travaux de finition comme le carrelage, la plomberie, l’électricité, l’habillage des murs avec du lambris... Logés au Pouliguen à l’ancien camp africain, les jeunes français du S.T.O. sont amenés tous les jours en camion sur leur lieu de travail, sauf le dimanche. Cet ouvrage de 25 mètres de long sur une hauteur maximale de 17 mètres a nécessité 1800 m3 de béton, ce qui représente 300 camions toupies de 6 m3 ! Son espace intérieur est de 285 m², les murs donnant sur l’extérieur et les plafonds ont partout deux mètres d'épaisseur.
Presque seul sur la lande et posé sur un promontoire rocheux, le blockhaus est très visible. Il est d'abord à sa livraison début 1943 défendu par un petit canon anti-aérien de 20 mm placé sur son toit, puis en février 1943 camouflé en maison. Ce camouflage en grosse villa est effectué par de jeunes allemands qui effectuent leur service du travail pendant trois mois au sein de la 6e Arbeitsabteilung de l'Arbeitstruppe 304 (R.A.D. Abteilung 6/304), unité formée à Burtenbach en Bavière. Un double faux toit est construit ainsi qu'un mur d'angle en briques pour cacher, côté mer, les faces anguleuses du blockhaus. Pour finir de lui donner une allure de grosse villa ils vont peindre trente et une fausses fenêtres en trompe-l'œil sur toutes les faces, ainsi que des fausses briques sur les angles et au raz du sol. Pour la finition, des rambardes sont ajoutées sur l’escalier d’accès et des faux balcons sont mis en place devant les visières, elles-mêmes surmontées de poutres en bois.


Le PDT est constitué de 5 niveaux différents ayant des tâches spécifiques :
- Le sous-sol abrite la partie vie avec trois chambrées contenant 21 lits pour la troupe et les sous-officiers, une salle de ventilation, une salle des machines avec un groupe électrogène, la chaufferie qui alimente les radiateurs répartis dans tout le bâtiment ainsi que deux petites pièces pouvant servir pour une armurerie, une petite infirmerie ou le stockage de pièces détachées ;
- Le rez-de-chaussée abrite principalement la salle d'exploitation et de tracé calculant les coordonnées du but à atteindre ainsi qu'une salle de transmission, la chambre de l'officier de quart, les blocs sanitaires ainsi qu'une très large entrée protégée par deux créneaux de défense ;
- Au niveau supérieur du rez-de-chaussée que l'on atteint par un petit escalier, un premier poste d'observation muni d'une lunette goniométrique permet de calculer l’azimut magnétique d’un objectif en mer, c’est à dire son angle par rapport au nord magnétique (boussole) ;
- On accède à la deuxième visière d'observation par une échelle métallique. Un deuxième poste d'observation plus vaste est mis en place. Il peut héberger deux observateurs munis de jumelles d’approche et un appareil très moderne, le correcteur de parallaxe. Compte tenu de la distance assez grande entre les canons sur rail et le PDT, ce correcteur de parallaxe permet de corriger les indications de gisement ;
- Le dernier niveau, à 28 mètres au dessus de la mer, est équipé d'un grand télémètre de quatre mètres d’origine française. Il donne avec précision la distance d'un navire croisant au large.

Le blockhaus est occupé par 20 soldats et le chef de batterie. Pour assurer le fonctionnement technique d'un tel ouvrage, il faut au moins un officier de tir, un observateur principal, un observateur auxiliaire, un chronométreur, un technicien au télémètre et un homme pour effectuer les corrections de parallaxe. Les marins effectuent un système de roulement sur place pour garantir une surveillance de jour comme de nuit. S’ils peuvent se reposer dans l’une des trois chambrées dans le sous-sol du bâtiment, en dehors des alertes ils sont cantonnés à l’extérieur du bunker. Ils logent avec les servants des canons anti-aériens qui assurent la défense du PDT dans plusieurs villas réquisitionnées et dans trois baraquements construits à l’intérieur de l’enceinte clôturée. Le commandant du blockhaus, pour sa part, habite la grande villa « Ty Brao » qui domine la plage du Derwin, à quelques centaines de mètres du PDT.

A cause de la présence permanente de troupes dans le bâtiment, tout est prévu pour le confort des hommes : les chambres sont chauffées par des radiateurs, une partie du sol est carrelé tandis que certains murs sont recouverts de lambris. Deux pièces sont équipées de toilettes et de lavabos avec l’eau courante, ce qui est rare à cette époque. La première est utilisée par les hommes de troupe, la deuxième qui sert aussi de poste de surveillance de l'entrée est réservée aux sous-officiers et au commandant. L'eau usée est évacuée par des conduits directement vers la mer. Les portes étanches ainsi que l'air filtré qui circule dans le blockhaus permettent aux soldats de vivre en autarcie, même en cas d'attaque par les gaz de combat. Avec une réserve d'eau et de nourriture ainsi qu’une infirmerie, le blockhaus est autonome pour tenir plusieurs jours en situation de combat. Son mobilier en bois, traité contre le feu, est calculé pour prendre le moins de place possible. Les tables et les tabourets sont pliants. Les lits tubulaires, d'un modèle proche de ceux utilisés sur les bateaux, peuvent se rabattre contre les murs.

Pour contrer toute attaque aérienne, le PDT est protégé à partir de la mi-43 par six canons français anti-aériens de 75 mm placés en encuvements dans un rayon de 150 mètres autour de lui, trois de chaque côté. Deux projecteurs de 60 et 150 cm peuvent aussi entrer en action en cas d’attaque nocturne. Enfin, pour une attaque rapprochée d’un chasseur par exemple, deux canons de 20 mm sont installés dans des encuvements rectangulaires de chaque côté de la route. Contre une attaque maritime le blockhaus est protégé côté mer par une petite falaise de plus de dix mètres de haut ainsi que par une rangée de barbelés et de chevaux de frise. Son accès arrière, côté terre, est protégé par cinq Tobrouk pour mitrailleuse ainsi que par une casemate bétonnée construite début 1944 pour abriter un canon de campagne de 75 mm. La route côtière qui mène au PDT est barrée et contrôlée de chaque côté. Son enceinte de protection, à l'intérieur de laquelle les quelques villas en place sont réquisitionnées, englobe les projecteurs, les encuvements anti-aériens et les défenses arrières.

Du Débarquement à la Libération :

Au moment du Débarquement en juin 1944 les canons de 30,5 cm sont encore en cours d'usinage en Allemagne, ils ne seront jamais livrés à Batz-sur-Mer. Les artilleurs de marine apprennent par la radio et les journaux ce qu'ils appellent « l'invasion » en Normandie. Ils suivent début août 1944 l'irrésistible percée de Patton en Bretagne... Quand ils se retrouvent à la mi-août encerclés dans la Poche de Saint-Nazaire, le front le plus proche, au-delà de la Vilaine, est encore à une trentaine de kilomètres de la batterie ! Le danger maintenant ne vient plus de la mer mais de l'arrière. La présence des deux canons de 24 cm à Kermoisan n'étant plus nécessaire, une des deux pièces sur voie ferrée est détachée au commandant de l'artillerie de la forteresse. Profitant du fait que les voies ferrées dans la Poche sont toujours intactes, la pièce sur rail va y circuler et jouer un rôle dans les combats qui s'y déroulent. La nouvelle base de repli du canon est le tunnel de Pontchâteau, situé dans la carrière de Grénébo. Des emplacements de tir lui sont aménagés à Campbon et Besné, le canon peut aussi tirer à partir de la sortie de la gare de Savenay. C’est d’ailleurs là qu’il sera retrouvé à la Libération. La pièce d'origine française aura bombardé les lignes françaises et américaines qui contiennent la Poche jusqu'au 6 mai 1945. Historiquement, ce canon sur rail est le dernier canon de l’artillerie lourde sur voie ferrée française à avoir tiré pendant la deuxième guerre ! Entre le 8 mai 1945, date de la signature de la reddition de la poche de Saint-Nazaire, et le 11 mai 1945, jour de l'entrée des troupes alliées dans la Poche, les marins de la 4. /M.A.A. 280 cantonnés à Batz-sur-Mer prennent la direction de leur camp de prisonniers, le parc pionnier situé près de la gare.

Tandis que le bourg de Batz-sur-Mer est libéré, le Poste de Direction de Tir est pris en charge par les soldats français du 4e Régiment de Fusiliers Marins qui retirent ce qu'ils peuvent utiliser, notamment les six canons de D.C.A. français de 75 mm. Après leur départ, le blockhaus est pillé par la population civile qui récupère tout ce qui peut être utile : mobilier, tapis, boiseries, électricité, plomberie, rampes d'escalier... Tout ce qui ne peut être emporté sera détruit, seul le coffre-fort en béton de près de 300 kilos qui était au sous-sol reste en place. Dès le 12 mai 1945, le télémètre français de 4 mètres est abîmé, la population met le toit en bois factice par terre pour récupérer les matériaux qui le composent. Dans les mois qui suivent des prisonniers allemands ainsi que des munitions sont gardés dans le PDT par les fusiliers marins du 4e R.F.M. Sous le contrôle de cadres français, jusqu'en octobre 1945, les prisonniers allemands démantèlent toutes les batteries. Les matériels récupérés sont regroupés à la gare de La Baule avant de partir vers des centres de stockage. 1500 prisonniers allemands, conformément aux prescriptions du protocole de la reddition de la Poche, effectuent aussi le déminage de la région.

La transformation en musée :

L'ancien Poste de Direction du Tir de Batz-sur-Mer, vidé de tout son contenu, est abandonné à la fin de la guerre. De 1951 à 1953 il est habité par une famille de réfugiés de Saint-Nazaire, puis il se retrouve de nouveau vide. Visible à des kilomètres, le blockhaus devient un lieu de visite pour les touristes qui viennent sur la côte. A la fin des années cinquante, le PDT est mis en vente par le propriétaire du terrain. Un panneau "A vendre" y est apposé. La marine Nationale s'y intéresse et utilise son droit de préemption pour l'acheter en 1958. Elle pourrait éventuellement l'utiliser comme sémaphore ou pour installer un radar. En fait il ne sera jamais occupé par la marine française ni restauré. Une porte vite installée sera vite détruite et le bâtiment est de nouveau ouvert à tout vent. Des ferrailleurs démontent plusieurs portes blindées pour les vendre au poids du métal puis le télémètre disparaît à son tour. La mairie de Batz-sur-Mer finit par murer le bâtiment dans les années 70 pour éviter des accidents. Des villas sont construites tout autour et leurs propriétaires arrivent à faire pousser des arbres sur cette côte sauvage balayée par le vent et les tempêtes. Au début des années 90 le PDT qui disparaît sous le lierre n'est presque plus visible de la route. Sa dalle supérieure de 40 tonnes menace de s'effondrer sur ses quatre piliers métalliques diminués de moitié par la rouille… les pompiers du Pouliguen viennent encore l'été, quand le sous-sol n'est pas trop inondé, pour y faire des exercices incendie… les graffitis ont recouverts les murs blancs et les plafonds. Les quelques portes qui subsistent sont bloquées par les gravats et la rouille…

A la fin de l'été 1994, mon frère Marc et moi décidons de restaurer le site et de le transformer en musée. Originaires de Chantilly dans l'Oise, nos parcours scolaires (école d'ingénieur à Paris pour ma part et école de commerce à Bordeaux pour mon frère) ne nous avaient pas tellement préparé à cette expérience. Mais notre volonté d'aboutir et la passion de l'histoire qui nous animait depuis notre plus jeune âge ont permis de surmonter les obstacles. Après plus de deux ans et demi de négociations administratives et six mois de travaux, le musée ouvre enfin ses portes le 1er juillet 1997. Il aura fallu évacuer près de 10 tonnes de gravats, utiliser plus de 8 tonnes de sable pour nettoyer les murs intérieurs, les portes et les plafonds ainsi que 650 kilos de peinture pour lui redonner une nouvelle jeunesse. Le musée est entièrement privé et n'a bénéficié d'aucune subvention de l'Etat. Il ne vit que grâce aux entrées des visiteurs qui ont dépassé le nombre de 300 000 en 10 ans. Le bâtiment est sauvé, et de ruine devient lieu de mémoire et site touristique. Il sert aussi de support pédagogique aux écoles et lycées désireux de faire connaître l'histoire locale. En quelques années nous avons collecté des centaines de témoignages et sauvegardé plus de 8 000 documents et photos d'époque sur la région pendant le dernier conflit mondial.

Autres lieux de mémoire à découvrir dans la région :
Chateaubriant : la stèle commémorative des 27 otages fusillés (22 octobre 1941) dans la carrière de la Sablière ;
Saint-Nazaire : la base sous-marine et le monument du commando britannique ;
La Baule – Escoublac : le cimetière anglais ;
Vestiges du Mur de l'Atlantique mis en valeur : la batterie allemande de la Pointe du Halguen à Pénestin (56), du Pointeau au sud de St-Brévin et de la Pointe St-Gildas à Préfailles ;
Saffré : le monument à la mémoire du maquis attaqué le 27 juin 1944 ;
Saint-Marcel – Malestroit (56) : le Musée de la Résistance Bretonne ;
Cordemais : la plaque commémorative apposée sur la maison devant laquelle fut signée la reddition de la poche allemande le 8 mai 1945 ;
Bouvron : le monument rappelant la cérémonie de reddition de la poche du 11 mai 1945 ;
La Sicaudais : le monument des troupes françaises pour la partie sud de la Poche ;
Pornichet : le cimetière allemand de Saint-Sébastien.

Le conservateur Luc BRAEUER

Bibliographie :
Autres ouvrages de Luc Braeuer : La Baule 1939-1945 (1998), La Poche au Pays-de-Retz (1999), L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire (2000), La Base sous-marine de Saint-Nazaire (2001), Forteresse Saint-Nazaire, la marine allemande face aux Alliés (2002), Raid sur Saint-Nazaire, Opération Chariot (2003), Saint-Nazaire 39-40 (2004), U-Boote ! Saint-Nazaire (2006).

Informations pratiques :

Le Grand Blockhaus, Musée de la Poche de Saint-Nazaire
Côte sauvage 44740 Batz-sur-Mer
Tél. / Fax 02 40 23 88 29
E-Mail : grand-blockhaus@wanadoo.fr
Site : www.grand-blockhaus.com
Ouvert : vacances scolaires de février et du 1er avril au 11 novembre tous les jours de 10 à 19h.

Grand_Blockhaus.jpg

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 09:03

undefined Billet n° 10/2007


Lors de nos pérégrinations à PARIS, une personne rencontrée au magasin LE POILU nous a transmis gratuitement une copie d’un original du manuel « d’instruction pour les équipages de casemates isolées d’infanterie de région fortifiée du 30 juillet 1938 ». Que ces quelques lignes soient le témoignage de nos remerciements collectifs!
 

Voici donc ci-après le manuel retranscrit. Pour information les annotations du propriétaire d’origine sont mises en italiques et sont de couleur rouge.

47mm.jpg 

Effacement du jumelage de mitrailleuses et mise en place du canon antichar de 47 mm, type d’arme non développée dans l’instruction du 30 juillet 1938.

CHAPITRE III, ECOLE DU JUMELAGE :

ARTICLE PREMIER

Généralités

50 L’école du jumelage a pour but d’enseigner au personnel le service du jumelage. Elle entraîne les servants à coordonner les connaissances qu’ils ont acquises à l’école du servant.

ART. II

Mise en batterie.

51 Au commandement :
Jumelage en batterie,
- le chargeur broche le cadre de fixation et met les armes en place ;
- le chef de (mot rayé)jumelage(tireur) place la lunette, contrôle le montage du matériel, règle la crosse à plastron et la mise au point de la lunette, manœuvre deux fois le levier d’armement des mitrailleuses pour s’assurer de leur bon fonctionnement et arme la pièce ;
- le chargeur approvisionne chaque arme ;
- le premier pourvoyeur fixe l’appareil à garnir les boîtes-chargeurs et s’assure de son bon fonctionnement ;
- le pourvoyeur ouvre les caisses de cartouches, dispose les cartouches en lames-chargeurs sur les tablettes de chargement qu’il place à gauche et à proximité de l’appareil ;
- l’armurier-mécanicien dispose les accessoires.

52 La mise en batterie terminée, les servants se placent de la façon suivante :
- le tireur debout derrière le jumelage ;
- le chargeur à droite du jumelage face au carter de ventilation ;
- le pourvoyeur à la table de chargement.
Dans la chambre de tir à deux jumelages :
- le premier pourvoyeur à la table de chargement ;
- le pourvoyeur à proximité des caisses à munitions ;
- l’armurier-mécanicien entre les deux jumelages.

ART. III

Préparation du tir.

1° Tir direct.

53 Les commandements sont donnés par le chef de la chambre de tir lorsque ce dernier peut observer l’objectif. Dans le cas contraire, les différentes opérations sont exécutées à l’initiative du tireur.

54 Aux commandements :
Tir direct débloqué sans fauchage, ou avec fauchage en direction, en hauteur.

Hausse…..Tant,
- le tireur fait marquer la hausse (N° 22)
- Le chargeur débloque le jumelage en desserrant l’écrou de blocage du système de repérage en direction et écarte les butoirs mobiles.
 
jumelage.jpg

Prise en compte par l’ennemi du matériel livré, ici un jumelage de mitrailleuses.

54 Au commandement :

Sur tel, point (ou telle ligne),

- le tireur pointe (N° 24 à 26).

2° Tir-repéré.

55 Aux commandements :
Tir-repéré bloqué, secteur de repérage …..tant,
Ou bien :
Tir-repéré avec fauchage en direction.
Secteur de repérage à gauche…..tant,
A droite…..tant,
- le chargeur débloque le jumelage ;
- le tireur pointe en direction (N°27), le chargeur bloque en direction (tir bloqué) ou immobilise les butoirs (tir débloqué) ;
Aux commandements :
Niveau :
Colonne…..tant,
Tambour…..tant,
(Eventuellement angle négatif)
- le tireur pointe en hauteur (N° 28) ;
- le chargeur amène et immobilise la bague inférieure de vis de pointage en hauteur contre l’armature en bronze du mécanisme de pointage en hauteur.
Dans le cas où la mission principale comporte un tir avec fauchage en hauteur, repéré au préalable, le commandement est complété par le suivant :
Avec fauchage en hauteur de (tant)…..à (tant).

56 Lorsque les opérations de pointage sont terminées, le tireur annonce :
Jumelage droit (gauche) prêt.

ART. IV.

Exécution du tir.

57 Aux commandements :
Débit accéléré (normal, lent),
« Feu »,
- le tireur exécute le tir en se conformant aux prescriptions des N° 29 à 31 (En outre, dans le cas où le chef de la chambre de tir ne peut observer lui-m^me, le tireur conduit lui-même son tir comme il est prévu au N° 232) ;
- le chargeur alimente l’arme. Chaque fois qu’une boîte-chargeur est épuisée, il annonce au tireur ;
Fin de boîte-chargeur.
Lorsque le tir est exécuté en débit accéléré, il annonce le numéro d’ordre de la boîte-chargeur. Après la troisième, le tireur change d’arme et donne l’ordre à l’armurier-mécanicien de refroidir l’arme chaude.
Si le tir s’arrête inopinément, le tireur arme énergiquement et essaye de continuer le tir.
Si le tir ne peut être repris, il annonce :
Incident de tir et fait appel à l’armurier-mécanicien si l’incident ne peut être réduit par le personnel de l’équipe.
58 Lorsque la pièce est remise en état de tirer, le chargeur annonce :
Prêt.

59 Interruption momentanée et reprise du tir.
Au commandement :
Halte au feu,
Le tireur abandonne la détente et s’assure que l’arme est restée correctement pointée.

60 Au commandement :

Continuez le feu,
Le feu est repris avec les mêmes éléments.

Cessation du tir.
Au commandement ;
Cessez le feu,
- le tireur abandonne la détente ;
- le chargeur retire les boîtes-chargeurs et les place soit sur une table de chargement si elles sont entamées ou vides, soit dans les casiers si elles sont pleines ;
- le tireur se conforme au prescriptions du N° 33 et le chargeur bloque en direction ;
- les pourvoyeurs recomplètent les boîtes-chargeurs vides ou entamées.
S’il y a lieu, l’armurier-mécanicien, aidé des servants, nettoie successivement les armes ayant tiré.

62 Inspection du jumelage.
Pour cette opération les armes doivent être laissées sur l’affût. L’inspection des mitrailleuse est passée par le chef de la chambre de tir qui s’assure, à l’aide de la sonde, qu’aucun corps étranger n’existe dans le canon.

ART. V.

Réglage. (Ces procédés de réglage ne sont applicables qu’en cas d’échange de la lunette ou des armes. Toute modification au réglage initial, effectué en manufacture, est interdite en temps de paix. La vérification éventuelle du réglage est faite par des équipes spécialisées dans des conditions fixées par dépêche ministérielle).
Paragraphes 63/64/65 barrés

63 Le réglage consiste à rendre parallèles trois axes distincts :
- les axes de canons des deux mitrailleuses ;
- l’axe optique de la lunette.
Il peut se réaliser :

A. Par parallélisme ;
B. Par convergence sur un point éloigné.
La première de ces méthodes comporte elle-même deux procédés :
1° Par simple visée ;
2° Par le tir.
Elles permettent également de vérifier et de rétablir le réglage le cas échéant.

64 Dans tous les cas, et particulièrement en vue des tirs préparés, le réglage est précédé des opérations suivantes :
1°S’assurer que la réticule de la lunette coïncide avec un point de gisement connu lorsque l’aiguille de repérage se trouve elle-même sur la division correspondant au même gisement.
Dans la négative, bloquer le jumelage sur cette division et à l’aide de la touche d’orientation en direction de la lunette, amener la ligne de foi verticale sur le point de gisement connu ;
2° S’assurer que la lunette est horizontale pour la position d’affût correspondant au niveau 0. A cet effet :
- rendre l’affût horizontal à l’aide du niveau ;
- placer ensuite le niveau sur la partie antérieure du corps de lunette et constater s’il existe une inclinaison.
Dans l’affirmative, ramener la bulle entre ses repères en agissant sur la touche inférieure du collier postérieur de lunette.

A Réglage par parallélisme.

65 1° Par simple visée :
a Dispositions préalables :
- placer sur une cible un visuel de 50 millimètres de diamètre et deux D et G comme l’indique le schéma ci-dessous :

 paral.jpg

- installer cette cible à 50 mètres de la bouche des pièces ;

casemate_double.jpg 

A suivre….


Photos, collection J.M. GRATIANNE

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 08:34

undefined Billet n° 11/2007




L’APRES 1870, L’ARMEE DE LA REVANCHE DANS NOS FORTIFICATIONS
MOUVEMENTS DE MATERIEL

A la fin de notre article sur les voies de 50 et 60, nous avions laissé le mouvement de matériel de forteresse sur une photo représentant le transport par plateau de chemin de fer classique de l’artillerie dit de forteresse. Reprenons maintenant ces mouvements par le transport sur péniche de cette artillerie. Mieux que des mots voici deux photos explicatives :

peniche.jpg 

Verdun-Pièce de siège, embarquement dans une péniche

 
embarquement.jpg

Verdun-Exercice d’embarquement des pièces de sièges par Artillerie de Forteresse

Le matériel utilisé pour une manœuvre de pièces de sièges se compose dans la majorité des cas de :
Chèvres de place
Cric de siège
Vérins hydrauliques

Et bien entendu des agrès composés des éléments suivants :

Levier de siège ou de chèvre
Chaîne calibrée
Poulie
Manivelles
Supports de madriers
Plateaux de pointe
Piquets
Masses frettées
Jarretières doubles
Traits à canon
Elingues de circonstance ou du commerce
Prolonge double
Maillets
Palans d’affût marin
Petit diable à deux roues
Chantiers
Demi-chantiers
Madriers de siège
Bouts de madrier
Civière à chaîne outillée
Clef à écrous dite parisienne
Billots ou manches d’outils
Bourgerons

Maintenant abordons le problème du mouvement de matériel particuliers à l’armement des forts. Les meilleurs exemples  sont les mouvements verticaux sous voûtes.

Pour cette manœuvre sont utilisés des palans VERLINDE (principalement 4 et 6 tonnes). Il est recommandé à cette époque de n’employer les appareils de levage du commerce qu’à moitié environ de leur force nominale ; exemple :
Les palans de 6 tonnes à la charge maxima de 3800 Kil.
Les palans de 4 tonnes à la charge maxima de 2600 Kil
Les palans de 1500 Kil. à la charge maxima de 800 à 900 Kil.
Les palans de 1000 Kil. à la charge maxima de 500 Kil.

Il est recommandé aussi de prendre les plus grandes précautions, si en raison de la confiance que donne les chaînes on est amené à dépasser ces maxima. Dans tout les cas, il faut éviter les secousses, et interdire, d’une façon absolue, de passer sous les fardeaux suspendus.

Abordons maintenant l’emploi du matériel DECAUVILLE combiné avec les différents monte-charges.

Les voies DECAUVILLE sont convenablement établies aux divers étages de la fortification, la manœuvre se résume ainsi :
Amener le fardeau sous les appareils d’ascension ; placer un pont-rails sous le fardeau suffisamment élevé ; amener le porteur sous le fardeau ; manœuvrer pour descendre jusqu’à ce que le fardeau repose sur le porteur.

1) Monter un canon de 155 long :

Equiper le canon en le saisissant par son centre de gravité ; l’élever horizontalement ; le placer ensuite sur de nouveaux porteur amenés sur le pont-rails.
Supprimer la prépondérance de volée du canon de 155 long , en engageant une pince de levier cassé ou deux cales dans l’anse de la pièce, du côté de la culasse.

Le personnel nécessaire à cette manœuvre se compose de 8 hommes qui amènent le canon, l’accrochent, le dirigent pendant son mouvement, le mettent sur porteur et l’emmènent ; de plus 8 hommes (2 groupes de 4) alternent aux manivelles. Total, 16 hommes.
Le temps nécessaire est de 2 à 4 minutes environ pour le chargement et le déchargement ; ajouter 1 minute par mètre d’ascension quand la chèvre ou l’ascenseur sont équipés à 1 brin.

 ascension-copie-1.jpg

Pour information les expériences faites au fort de CORMEILLES ont fait ressortir l’avantage des dispositions suivantes :

a) Qu’il faut ajouter aux agrès des appareils ascenseurs un petit palan à trois rouets et à moufle métallique de la force de 1000 Kil. environ.
b) Dans l’installation de l’appareil ascenseur, il faut disposer les poulies de tête de façon que, l’appareil qui est équipé à un brin, la chaîne de levage tombe dans le plan médian de la cage.1

2) Monter des bois de plates-formes :

Le fardeau est constitué par un nombre de couches de lambourdes-gîtes ou autres éléments des plates-formes, donnant environ 0,64 m de hauteur. Le fardeau est brêler aux supports pivotants par des jarretières. L’on passe autour du fardeau une prolonge en croix qui s’engagent, pour chacun des supports pivotants, dans deux des quatre anneaux que ceux-ci présentent ; l’on saisie alors cette prolonge avec le crochet double d’équipement de la chaîne de levage. On manœuvre le tout pour monter.
Quand le fardeau, suspendu par son centre gravité, est arrivé à une hauteur suffisante, il faut le faire tourner de 90° pour l’amener normalement à la longueur de la cage, c’est à dire dans le sens de la voie DECAUVILLE ; dans ce mouvement, le fardeau peut heurter les hanches de la chèvre si on ne déplace pas son centre de gravité. A cet effet il faut employer un palan dont une des moufles est fixée à un crochet scellé dans la voûte de la traverse et l’autre à la partie inférieure du crochet double d’équipement. Quatre hommes manœuvrent au palan et déplacent l’ensemble du fardeau, tandis que d’autres le font tourner. Bien brêlé et très serré il ne faut élever que la quantité strictement nécessaire ; l’on amène le pont-rails sous le fardeau, ses passerelles repliées.
Personnel nécessaire : 16 hommes.
Temps nécessaire : 7 minutes pour le brêlage, le chargement et le déchargement ; ajouter 1 minute par mètres d’ascension.

3) Monter un affût.

La manœuvre ne présente rien de particulier pour les affûts dont la longueur d’essieu n’atteint pas 1,80 m. Si cette longueur d’essieu est dépassée, il n’est plus possible d’élever l’affût horizontalement ; la manœuvre s’exécute alors ainsi qu’il suit (canons de 155 long et 120) :

Agrès- 1 chaîne calibre de 18m.- 2 crochets doubles d’équipement à touret.- 1 crochet double à anneau._ 1 trait à canon, 1ficelle.-4 leviers de manœuvre.- 8 madriers de plates-formes de 155 et 120.-2 demi-chantiers.- 6 grandes cales.
Manœuvre- Il faut conduire l’affût sur porteurs dans la cage d’ascenseur, la tête du côté de l’entrée de la traverse par laquelle il doit sortir (pour éviter plus tard une rotation de 180°). Il faut enlever les roues, qui seront montées séparément.- Entourer les tenons de manœuvre, avec les deux boucles d’un trait à canon embrassant la flèche, les deux brins réunis sur le côté et fortement serrés ;puis réunir ce trait à canon à la deuxième maille de la chaîne de levage par l’intermédiaire d’un crochet double d’équipement, à touret ; il faut maintenir le cordage dans la gorge du crochet par un bout de ficelle.- On dispose sur la chaîne, à 3,70 m environ de la deuxième maille, un second crochet double d’équipement à touret qui saisit par son milieu l’entretoise de pointage.
Il faut manœuvrer pour monter en maintenant l’essieu dirigé dans le sens de la longueur de la cage, la flèche prenant une direction presque verticale.- L’affût est élevé à 1,05 m environ au-dessus du sol de la traverse, il faut établir sur la cage d’ascenseur un plancher formé de madriers (deux madriers superposés sous les fusées d’essieu).- Par la suite remettre les roues ; manœuvrer pour descendre ; faire avancer l’affût jusqu’à ce que les roues aient leur point d’appui à l’aplomb du mur de cage.- En manœuvrant pour descendre ; dégager l’entretoise de pointage dès que cette opération devient possible. Il faut manœuvrer pour élever la crosse : 2 hommes décalent les roues en avant, s’y appliquent et font avancer la tête de l’affût.

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Il faut continuer cette opération jusqu’à ce que la crosse soit dégagée de la cage et suffisamment élevé pour qu’on puisse conduire un porteur au–dessous d’elle. Ensuite manœuvrer pour descendre.- Puis déséquiper l’affût sur vérin.

Personnel nécessaire : 20 hommes et 1 chef de manœuvre.
Première partie, 8 hommes amènent et équipent l’affût, 12 hommes en 3 équipes, aux manivelles.
Deuxième partie, 6 hommes conduisent les roues, 2 hommes guident l’affût, 12 hommes aux manivelles.
Troisième partie, 12 hommes placent des madriers, font avancer l’affût, 8 hommes en 2 équipes, aux manivelles.

Cette manœuvre, en cas d’urgence, peut être faite au strict minimum avec 13 hommes et 1 chef de manœuvre

Temps employé : 3 minutes pour équiper l’affût ; 7 minutes pour les manœuvres qui ont lieu après l’ascension ; ajouter 1 minute par mètre d’ascension.

J.M. GRATIANNE
M. HARANT


Photos, cartes postales, gravures, collection J.M. GRATIANNE

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Les hommes de l’Artillerie de Forteresse

 

 

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 10:55

undefined Billet n° 01/2008


Depuis bien longtemps le piège sous toutes ses formes a été employé par l’homme et à fortiori par les militaires.


Sur les champs de bataille de la première guerre mondiale ont été retrouvés par les passionnés les restes de ces chausse-trappes. Penchons-nous par le biais de cet article sur la pointe dite de cavalerie.


Passionné pour ma part d’artillerie et en particulier d’artillerie de marine, cette pointe me fait penser à un modèle utilisé au temps des bateaux dit « négriers » ou l’on utilisait lorsque la révolte couvait dans les cales des pointes forgées que l’on jetait sur le pont du bateau afin de maîtriser au maximum une révolte.

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CHEMIN DES DAMES

1) Premier type d’une de ces pointes de cavalerie en plat acier trempé :
 
 pointe2.jpg

pointe3.jpg

2) Deuxième type de pointe de cavalerie en acier trempé, rond de diamètre 10 :
 
pointe4.jpg

La torsade est faite à chaud, soit à température de soudage.
3) Troisième type de pointe de cavalerie en plats acier pliés et rivés. Un exemplaire est visible au musée de la CAVERNE DU DRAGON :

 pointe5.jpg
ARGONNE

Pour mémoire, on a trouvé des pointes de cavalerie de 200 à 250 mm de haut.

 pointe6.jpg


Certains disent que ces chausse-trappes étaient envoyés par avions. En effet dès 1910 des exercices de lancement de projectiles par des avions militaires avaient eu lieu en France. Les frères Michelin étaient à l’origine de ces recherches et convaincus de leur importance avaient institué un concours pour les encourager.
Au début de la guerre de part et d’autres on lancera divers objets, les plus connus furent des obus munis d’empennages puis des bombes et aussi des caisses de fléchettes d’acier ( fléchettes BON ou balles BON du nom de leur inventeur, le colonel BON).

2ème GUERRE MONDIALE
On a vu à nouveau des pièges semblables au cours de la seconde guerre mondiale jetés sur les routes pour crever les pneumatiques. Ils étaient utilisés par les résistants pour stopper les convois ennemis.
Faits à la hâte avec ce qui était encore trouvable, chutes de poinçonnage provenant d’ateliers, pointes à ferrer les chevaux, cloues sur une planchette, etc.… Un modèle souvent utilisé était fait à partir de fil d’acier récupéré sur des ressorts de literie redressés et coupés en biais au burin en longueur d’environ 10 cm pliés au tiers dans deux directions.

 pointe7.jpg

Jetés par poignées sur la chaussée une pointe se trouvant toujours verticale.

TEMOIGNAGE

J’avais 13 ans et j’ai souvenir de la grande débâcle des 26 et 27 août 1944 dans notre village. D’énormes chars montant au combat étaient passés défonçant la chaussée et saccageant les bordures des trottoirs. Les jours suivants passant dans l’autre sens des voitures de tous types, des vélos, des camions chargés de tous objets, militaires ou civils (certains évacuant même de jeunes femmes) meubles etc. Les véhicules traînant un câble ou s’accrochent en grappe sept ou huit cyclistes, quand l’un d’eux butait sur un nid de poule, tous se trouvaient à terre.
J’ai alors eu forte impression, voyant passer un command-car allemand, deux soldats à l’avant, deux officiers en tenue impeccable et casquette haute à l’arrière calés par d’énormes bagages et roulant sur des pneus crevés (des camions avaient la même avarie).
J’ai su ensuite que des chausse-trappes avaient été jetés dans la campagne avant notre village, ce qui avait provoqué colère chez les fuyards. Des officiers avaient menacé le Maire, lui demandant de préparer une liste d’otages. Pressés d’échapper aux américains qui n’étaient plus loin, ils n’ont pu en faire plus.

Eric DUCHEMIN
Bibliographie : « L’histoire de l’aviation par René CHAMBE, édition 1958, FLAMMARION ».
Photos collection J.M. GRATIANNE

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