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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 22:59

Introduction

 

En raison de la mise en oeuvre d’une artillerie douée de qualités destructives imprévues, et de la forme spéciale qu’a prise la guerre actuelle, la fortification permanente s’est trouvée vulnérable et a pu paraître en partie inagissante. Faut- il en conclure qu'elle doive être désormais taxée d’impuissance et d’inutilité ? Porter présentement un tel jugement serait aussi téméraire que de vouloir indiquer dès aujourd’hui les transformations qu’elle devra éprouver dans l’avenir. La crise actuelle est, mais en tout cas à un degré moindres de même nature que celle qui a surgit en 1886, lorsqu’à la faveur de l’invention d’explosifs puissants les obus torpilles ont fait leur apparition.

Aux forts construits dans tous les Etats immédiatement après la guerre de 1870 avec leurs parapets à traverses saillantes, à cavaliers hauts (voir planche II verso figure 6), avec leurs artillerie à ciel ouvert et leur abris en simple maçonneries, ont alors succédé les ouvrages bétonnés rejetant au dehors la presque totalité de leur artillerie pour ne conserver sous cuirasse ou sous casemate à l’épreuve que les pièces nécessaires au flanquement et à leur défense propre ; c’était une des étapes successives de la lutte séculaires entre les boulet et cuirasse.

Nous avons dit plus haut que la crise actuelle était à une degré moindre de même nature que celle qui a surgit lors de l'apparition des obus torpille. – Et, en effet, l’insuffisance de la fortification du début de la guerre a-t-elle été véritablement aussi grande qu’on le pense ?

Faits pour résister à du 220, ou tout au plus à du 270, nos ouvrages ont pu recevoir victorieusement les atteintes de calibres beaucoup plus puissants. Certes des voûtes ont été percées, mais beaucoup ont résisté ; des dalles de casernes en béton armé ont subi presque sans dommage l’effet de coups isolés de 420. Des tourelles blessées ont pu être aisément remises en service ; les dégâts causés sur leurs infrastructures ont été insignifiants. La plus grande prudence doit être gardée dans le jugement à porter sur la fortification permanente.

Quoi qu’il en soit, ce jugement et l’étude des modifications qui devront lui être apportées auront nécessairement pour point de départ la connaissance de la fortification telle qu’elle se présentait au moment même de la mobilisation et qu’en tout cas on ne peut brusquement effacer sur le sol. Il est donc indispensable de connaître cette fortification.

C’est à elle que se rapportent les présentes leçons, en n’empruntant à la fortification ancienne que les principes fondamentaux destinés à faciliter l’exposition du sujet.

 

Références.

Instruction générale du 30 juillet 1909 sur la guerre de siège.

Instruction du 19 juin 1913 sur le service de l’artillerie dans la guerre de siège.

Instruction pratique provisoire du 11 avril 1906 sur le service du Génie dans la guerre de siège.

Instruction pratique provisoire de 21 juillet  1913 sur le service dans un fort de la zone principale de défense.

Décret du 7 octobre 1909 portant règlement sur le service de place (1e partie Chap.IV – et – 2e partie).

La fortification cuirassée, par le Lt-Colonel du Génie Piarron de Mondésir, 1 volume 1909 (Encyclopédie scientifique du Docteur Toulouse, Doin Editeur).

 

 

 

Fortification Permanente.

 

Rôle de la fortification permanente.

Les organisations défensives (forts, places fortes, camps retranchés, région fortifiées) ont un double rôle : considérées individuellement, elles ont pour mission de barrer les grandes voies d’invasion qui peuvent être suivies par l’ennemi en cas d’envahissement brusqué du territoire ; considérées par rapport au système défensif des Etats, dont elles constituent les éléments, elles servent de points d’appui et de pivots de manœuvre aux troupes de campagne.

Pour une armée poussant (Planche I  Fig. 1) son offensive en avant de la ligne formée par le système défensif des places fortes, ces places servent de soutient jusqu’au moment où, le succès s’affermissant et la probabilité de leur intervention disparaissent, elle deviennent inutiles, et leurs garnisons ainsi que leurs approvisionnements deviennent dès lors disponibles pour d’autres opérations.

On conçoit dès maintenant le lien étroit qui existe entre les armées actives et la fortification. Comme l’a dit très justement un écrivain militaire : « la fortification est la tactique écrite en style lapidaire. »

En 1806, Napoléon disait lui-même : « L’organisation des forteresses repose sur le même principe que la disposition des troupes ; elles doivent servir aux opération _ On doit créer à l’avenir de solides points d’appui aux endroits où l’on doit se borner à se défendre. »

En 1809, il disait : « Comme les canons et les forteresses sont des armes qui ne remplissent pas seules leur mission : elle doivent être maniées en conséquence. »

La fortification est donc intimement liée à la manœuvre. Toutefois si, (Planche I – Fig. 2) les forces nationales sont forcées, devant la pression de l’ennemi, et après avoir tenu la campagne le plus longtemps possible dans les intervalles, de se retirer en arrière d’une place forte, celle-ci se trouve abandonnée à elle-même ; par le fait elle peut être masquée, investie ou assiégée régulièrement par l’ennemi.

 

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