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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 21:36

Le 1er mars 1871, l'assemblée nationale de Bordeaux ratifie l'armistice négocié avec Bismark.

 

Aux termes de l'accord Paris doit être occupé et doit livrer ses canons. Les soldats prussiens entrent dans Paris et occupent les forts. Les parisiens après 9 mois de guerre et 4 mois de siège ne peuvent supporter un tel déshonneur, durant le siège une souscription populaire lancée par Victor Hugo avait permis de fondre 200 canons.

 

10 mars, l'assemblée décide de s'installer à Versailles.

 

Le 15 mars, élection du comité central de la garde nationale.

 

Les 8 et 16 mars le gouvernement de Thiers tente sans succès de récupérer l'artillerie.

 

Les 26 et 27 février le comité central provisoire de la garde nationale avait fait mettre les canons à l'abri dans les lieux populaires de la capitale : Montmartre, Buttes-Chaumont, Belleville, place Puebla (aujourd'hui place Gambetta).

 

Dans la nuit du 17 au 18 mars, des soldats s'assurent des canons de Montmartre, mais l'alerte est donnée.

Le comité de vigilance du XVIIIe arrondissement, dirigé par Ferré et Louise Michel, bloque la troupe, le général Lecomte donne l'ordre de tirer, mais les hommes du 88e de ligne menés par le sergent Verdaguer fraternisent avec la foule.

 

Extrait des instructions du maréchal de Castellane, 18 mars 1858 (AHR MR 2151) :

"Jamais une troupe ne doit être incertaine contre l'émeute...(les soldats) ne doivent jamais se laisser approcher par une colonne d'émeutiers, par les femmes et les enfants ; L'hésitation de l'infanterie à faire feu peut la compromettre et la faire désarmer. On doit, à 200 pas, prévenir les émeutiers de s'arrêter ; s'ils n'obéissent pas, il faut, les sommations faites (...) faire feu immédiatement. Les femmes et les enfants (...) sont l'avant -garde de l'ennemi, on doit les traiter comme tels."

 

(Cité par Robert Tombs dans La guerre contre Paris 1871 ed. Aubier pages 84 et 85.)

 

 

Le soir, les généraux Lecomte et Clément Thomas l'ancien commandant en chef de la garde nationale et fusilleur de juin 1848 sont passés par les armes.

 

Thiers et les membres de son gouvernement s'enfuient à Versailles.

 

"Quand les parisiens refusèrent de livrer leurs armes, il fit retirer l'armée de la ville et déclencha des opérations militaires pour la reprendre par la force. (...) Ce qu'il voulait, c'était non seulement soumettre les parisiens mais de plus exterminer, une bonne fois pour toute, leur opposition radicale intransigeante et la menace d'instabilité permanente. C'est ce repli du gouvernement qui engendra la Commune" (Theodore Zeldin, Histoire des passions françaises).

 

La tentative de reprise des canons des parisiens, sans importance du point de vue militaire est considérée comme une tentative de coup d'Etat contre la très jeune république du 4 septembre 1870, Thiers, l'ancien Premier ministre de Louis-Philippe est un "Orléaniste", il vient d'être élu à la tête du gouvernement par l'assemblée de Bordeaux qui est très largement monarchiste.

 

Des insurrections ont lieu dans toute la France, le 22 mars à Lyon, le 23 à Marseille, le 24 à Narbonne, le 25 à Saint-Etienne, le 26 au Creusot.

 

Le 26 mars ont lieu de nouvelles élections et le 28 mars, 7 germinal de l'an 79 de la république, devant l'Hôtel de Ville de Paris, les membres du comité central de la garde nationale et ceux de la Commune de Paris, l'écharpe rouge en sautoir, annoncent : "Au nom du Peuple, la Commune est proclamée".

 

3 Avril, les fédérés lancent une offencive sur Versailles.

Le fort du Mont-Valérien, réputé neutre, tire en direction de l'armée de Paris.

 

6 avril, par décret, Thiers place l'armée sous le commandement du maréchal Mac-Mahon (premier Président de la IIIème république de 1873 à 1876) qui vient d'être libéré par les prussiens (15 mars).

Cette armée versaillaise, forte de 60 000 hommes va bientôt être doublée grâce aux effectifs que Bismarck libère pour la circonstance. Ces effectifs sont cependant difficiles à gérer, Thiers ne peut se permettre de renouveler la mutinerie du 88e (18 mars), dans le commandement certains rechignent à se battre contre des ouvriers qui ont su résister à l'ennemi alors que leurs chefs livraient leur armée intacte (Bazaine à Metz, condamné à mort pour haute trahison).

 

Le 12 avril, le colonel Denfert-Rochereau espérant un compromis, pense qu'il n'y a "à attraper dans cette bagarre que des désagréments, qu'il est bon de laisser aux revenants de l'Empire". (Cité par William Serman dans Les officiers français dans la Nation (1848-1914), Paris, Aubier-Montaigne, page 57).

 

Cependant, même si les désertions de soldats de Versailles sont nombreuses, parmis les officiers, seul le colonel Rossel prend fait et cause pour la Commune.

 

Pour Mac Mahon, comme pour le maréchal von Moltke, le saillant du Point-du-Jour est le point faible des fortifications parisiennes. Dominés par les hauteurs de Saint-Cloud, Issy et Meudon, ses bastions peuvent être rapidement rasés par l'artillerie. C'est aussi ce que recommande le chef versaillais des troupes du génie, le général Séré de Rivières qui estime le 18 avril qu'il faudra de vingt à trente jours pour couper le fort d'Issy de Paris afin d'en désorganiser la défense. Puis de la place forte conquise, pilonner les remparts du Point-du-Jour.

 

12 avril, prise par les versaillais de Ladmirault (1er corps d'armée), de Colombes et de la redoute de Gennevilliers le 14.

 

20 avril, prise de Bagneux par le second corps d'armée de Cissey (futur ministre de l'armée)

 

25 avril, les batteries de Meudon et Châtillon ouvrent le feu sur le fort d'Issy.

 

26 avril, prise du village de Moulineaux.

 

27, 28, 29 avril, bombardement du fort d'Issy et combats à la baïonnette aux abords du fort.

 

3 mai, prise du Moulin-Saquet.

 

9 mai, prise du Fort d'Issy.

 

10 mai, traité de Francfort, la France perd l'Alsace et la Lorraine. Tandis que les prussiens fondent l'Empire d'Allemagne à Versailles.

 

Dimanche 21 à trois heures de l'après-midi, au Point du Jour, les troupes versaillaises pénètrent dans Paris.

110 000 hommes vont procéder au plus grand massacre du siècle, "la semaine sanglante".

 

Jusqu'au 28 mai, 25 à 30 000 parisiens seront exécutés.

 

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Published by fortifs.org - dans Paris
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