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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 13:27
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En Août 1792 les coalisés percent les places fortes du Nord-Est. Paris n'a plus de fortification si ce n'est le mur des fermiers généraux.

Des redoutes sont contruites à Meaux, Soissons, Reims et Châlon-sur-Marne.

 

Une étude de défense est commandée par Clavière, Ministre de la guerre par interim. Une commission dans laquelle figure Messieurs Belair, capitaine d'artillerie et Damal membre du conseil municipal de Paris se rend en avant de Paris sur d'éventuels points de défense les 22, 23, 25 et 29 août de l'an IV. On propose une première ligne entre la Marne et l'Oise de Lagny à Pontoise. Ce plan suppose que Paris soit suffisament approvisionné et réduit à ses propres forces, il propose aussi une seconde ligne de front destinée à un éventuel repli.

Cette seconde position s'appuie de Saint-Ouen à Nogent-sur-Marne en passant par le hauteurs de Montmartre, de Belleville et du plateau de Romainville.

A l'extremité Ouest de la place, dans la presqu'île de Gennevilliers on dresserait un camp facilement défendable par des innondations du côté d'Argenteuil. Le village d'Asnières offre en plus des facilités, comme le haras de monsieur Dartoit propice au logement grâce à ses écuries de 65 mètres de long sur 15 de large, la commission pense même y placer les bureaux d'Etat-major et le quartier général. En plus "les moissons étant entièrement terminées, on ne peut plus faire aucun dégât dans la campagne, et il n'y aura que quelques pièces de luserne qui pourront exiger une indemnité". Il semble important d'établir un pont entre les deux rives de la Seine en dessous de Clichy.

Une ligne de retranchement doit suivre le cours du fleuve jusqu'à Saint-Denis.

Saint-Denis en 1792 a conservé les ruines de sa vieille enceinte et la commission souhaite tirer partie de l'ancien rempart gazonné qui couvre une partie de la ville. On y voit la possibilité d'innondations à l'Ouest et au Nord, innondations qui pourraient être soutenues par le chemin élevé de la Briche et par une digue enveloppant saint-Denis par l'Est. Un pont doit relier Saint-Denis à la presqu'île de Gennevilliers à travers l'île de la Seine qui coupe les eaux du fleuve.

En avant de Montmartre on place quelques redoutes pour fermer le défilé entre la Butte et Belleville. La distance entre Saint-Denis et Romainville est de 4 000 toises (environ 7800 mètres, une toise étant 1,949 m), la commission estime à 40 000 hommes (5 hommes par mètres) le nombre de défenseurs pour cette position. La distance de Romainville à Nogent fort de son rempart naturel peut aisement être defendu avec 30 000 hommes et au moyen de quelques batteries.

Le capitaine Belair dans un ouvrage général sur la "Défense de Paris et de tout l'Empire" compte sur une armée nombreuse sous les murs de la capitale (page 79): "D'abord, si l'on se rappelle que Paris a déjà vu plus de 180 000 hommes sous les armes, on sera convaincu qu'on ne manquera pas de monde, car cette quantité d'hommes armés se trouvera ; elle sera même augmentée par tous les gardes nationaux, ou citoyens armés qui se replieront sur Paris."

A Saint-Maur la défense est verouillée par un camp, mais l'inspection du site au lieu-dit "la Varenne" montre que le terrain porte de nombreux fossés de drainage et qu'il reste humide. La préference se porte sur une zone entre Saint-Maur et le Bois de Vincennes cette position s'appuye sur la Marne du côté de Nogent un peu au delà du parc du Tremblay, puis perpendiculairement sur le bras opposé de la Marne et se termine en équerre pour se prolonger sur Champigny.

 

Sources : Archives du génie (article 8 section 1)

A.P.J. Belair, Capitaine d'artillerie. Défense de Paris et de tout l'empire. Paris, An IV de la Liberté.

 


Ouvrages de 1792

 

En 1792, l'invasion de la Loraine et de la Champagne fit sentir le besoin de fortifier Paris, le projet était d'organiser une position retranchée s'étendant de Saint Ouen à Nogent-sur-Marne, elle passait au pied des hauteurs de Montmartre, en avant des faubourgs de La Chapelle et de La Villette, et en avant du village de Pantin. A partir du plateau de Romainville, elle suivait la crête des hauteurs.

D'après les vestiges des parties qui ont été exécutées et d'après les renseignements qu'on a recueilli, notamment auprès de Mr Mansar, qui a été employé à ces travaux, on a recomposé le tracé approximatif de leur ensemble, on a retrouvé le dessin exact nulle part.

La portion s'étendant de Saint Ouen à la Hutte au Garde n'a été qu'un projet. Il paraît qu'elle devait être formée d'une ligne de redoutes, en arrière desquelles, se trouvait une ligne de batteries tirant dans les intervalles.

La partie entre la Hutte au Garde et La Villette fut en majeure partie exécutée. Elle se composait d'une série d'ouvrages dont le tracé était emprunté à Montalambert, relié entre eux par une trachée en crémaillère, le tout formant une ligne continue.

En tête de Pantin, jusqu'au plateau de Romainville elles furent à peine ébauchées. On ne fit rien sur la crête des hauteurs entre Romainville et Nogent sur Marne.

On retrancha Denis et on devait en faire autant pour Pontoise, comme porte avancée sur la gauche. Par une disposition analogue sur la droite, on devait occuper Villeneuve-Saint-Georges et Corbeil.

Ces ouvrages conçus à la hâte et, par des personnes la plupart étrangères aux connaissances en fortification furent généralement mal tracés et mal exécutés. Les terrassements en furent faits par la population de Paris réunie pour former ce qu'on appelait le Camp sous Paris.

Les désordres graves qui régnaient parmi les ouvriers le manque de direction et de détermination dans le but qu'on se proposait firent abandonner les travaux au moment où ils se trouvaient dans l'état d'avancement qu'on vient d'indiquer ci-dessus."

 

Source : Note détaillées sur les ouvrages composant les Lignes de Saint-Denis et de Noisy

Par le chef de Bataillon Gay aide de camp du Général Valazé.

31 octobre 1832

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Published by fortifs.org - dans Paris
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