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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 09:10

Depuis l'achèvement les forts de 1874 la défense de Paris n'a reçu aucune modification notable après l'ajout de tourelles Mougin pour couvrir les intervalles critiques. Le maintient de l'enceinte de Paris fait débat dans l'opinion et dans les milieux militaires, on reparle pourtant d'une nouvelle enceinte en 1897, mais c'est en fait pour dissimuler un compte de trésorerie destiné à fabriquer les premiers canons de 75 (loi du 21-12-1897). Les terrains militaires de l'enceinte entre Le Point-du-jour et la Villette sont alors estimés à 200 millions de francs, et l'Etat émet des obligations à court terme gagées sur cette emprise foncière. En 1908 alors que le compte spécial est soldé, l'Etat négocie encore avec la ville de Paris mais pour 64 millions seulement, dix ans après le foncier n'a pas baissé mais les 75 ont été construit dans le secret. (Les négociations entre l'Etat et la ville de Paris aboutirent par la loi du 19 avril 1919 au déclassement total et à la cession de l'enceinte pour 100 millions de francs.) Le Conseil Supérieur de la Guerre en 1911 est conscient de l'obsolescence de l'enceinte et souhaite renforcer la ligne de défense établie en 1874, la dépense est estimée à 40 millions et pour la financer les négociations avec la ville sont réactivées avec la création d'une commission spéciale en 1912. En juillet, la Haute-commission de Places Fortes souhaite mettre la capitale à l'abri d'un bombardement à la distance de 13,5 kilomètres. Il faut donc construire une nouvelle ligne de défense plus en avant, fermer les intervalles dangereux à l'Orme du Morlu au Nord et à la Ferme de Champagne au Sud. Il faut aussi occuper les hauteurs de l'Ouest sur le plateau de Saint Gemme. A l'Est la ligne de défense doit être portée jusqu'à Emerainville, Pontault-Combault, Lesigny et Cerçay. Il faut aussi renforcer les fort existants et organiser des centres de resistance avec les abris bétonnés pour l'infanterie. L'étude porte sur le renforcement des organes de flanquement et les casemates, au moins pour les coups de l'artillerie de campagne. Des mitrailleuses et des 75 sous tourelles cuirassées doivent assurer la défense rapprochée et flanquer les ouvrages, des batteries enterrées de 155 constituent la nouvelle artillerie de place. Pour les généraux Hirschauer et Klein auteurs d'un ouvrage sur la défense de Paris dans la Grande Guerre, ces projets n'ont rien de sérieux ; "La fortification de la Capitale avait paru nécéssaire au lendemain de la défaite, pendant la période de relèvement du pays. Pour tout le monde, on peut le dire, cette nécéssité avait disparu, et les études entreprises paraissaient bien destinées à n'avoir jamais de suite. La place de Paris était, en fait, au mois d'août 1914, à peu près dans la même situation qu'en 1880" (page 29). En fait, un véritable plan de défense est mis en place, mais avec des moyens réduits. En juillet 1913, le général Delarue, commandant du génie du gouvernement militaire de Paris a à étudié un plan d'organisation et le 6 octobre 1913 le plan de défense du général Michel, gouverneur de Paris est approuvé par le ministre. Le plan prévoit la création d'un camp retranché dans un délais de 40 jours. Le périmètre défensif est porté à 160 kilomètres (soit trois fois celui de 1870). Dans les forts, des blindages doivent renforcer les locaux et les crêtes seront déboisées. Le plan établi la construction l'abris, de tranchées autour du camp retranché. Au Sud-Ouest un puissant ouvrage sera construit à la place du fort projeté de Savigny-sur-Orge. Un ouvrage semblable doit fermer l'intervale entre Stains et Vaujours au lieu-dit "l'Orme de Morlu". 

Abris bétonnés d'infanterie : 
-Ouvrage de l'Orme de Morlu
Ouvrage de Collégien (ou batterie de Torcy)
Ouvrage d'Emerainville Nord
Ouvrage d'Emerainville Sud
Ouvrage du Pavé de Pontault (ou abri de Pontault-Combault Nord)
Ouvrage des Grandes Friches (ou abri de Pontault-Combault Sud)
Ouvrage du Poirier de Saint Leu (ou abri du Bois Saint-Leu)
Ouvrage du Bois d'Auteuil
Ouvrage de la Ferme de Champagne (ou fort de Savigny)
Ouvrage de la butte Chaumond Est
Ouvrage de la Butte Chaumond Ouest
Ouvrage de la Vauve
Ouvrage de Favreuse
[Ouvrage du Fort du Docteur (ou abri de Saclay)
Ouvrage de L'Etang (ou abri de Toussus)
Ouvrage de Villaroy
Ouvrage de la Grande Ile (ou abri de Montigny-le-bretonneux)
Ouvrage de la Porte du Parc (ou abri de Voisin-le-Bretonneux)
Ouvrage de la Porte de Trappes (ou abri de Trappes
Ouvrage du Fort Loupé (ou abri de Rennemoulin)
Ouvrage de Saint Gemme Sud
Ouvrage de Saint Gemme Nord
Ouvrage de la Ferme du Poux Ouest
Ouvrage de la Ferme du Poux Est
Ouvrage des Tailles d'Herbelay Ouest (ou abri d'Aigremont Ouest)
Ouvrage des Tailles d'Herbelay Est (ou abri d'Aigremont Est)
Ouvrage de la Butte du Moulin Ouest (ou abri de Chambourcy Ouest)
Ouvrage de la Butte du Moulin Est (ou abri de Chambourcy Est)

En avant de ces positions (28 ouvrages d'infanterie) une ligne de résistance est organisée en tranchées et en observatoires à la lisière des villages et des bois. 381 batteries d'artillerie en terre sont construites à l'extérieur des forts de 1874. Les travaux de défense sont lancés à l'instant même de la déclaration de guerre. Le camp retranché de Paris est commandé par le général Galliéni, le 6 septembre 1914 une contre-offensive est lancée sur la Marne.

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