Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 22:15

Billet n° 06/2009

 

Fonctionnement de l’arme : Le tireur introduit une bande rigide ou articulée dans le couloir d'alimentation, le taquet supérieur de l'arrêtoir de bande descend, son bras inférieur s'escamote. Le tireur amène l'ensemble mobile à l'arrière en actionnant le levier d'armement ainsi les cames du piston font tourner le rochet d'entraînement de la bande, celle-ci se déplace d'un cran vers la droite afin d’amener une cartouche face à la chambre de tir. Le cran d'armé de la culasse se verrouille sur la queue de détente. Le ressort récupérateur est comprimé. Lorsque le tireur appuie sur la queue de détente l'ensemble mobile se déverrouille et est propulsé vers l’avant par le ressort récupérateur ainsi la culasse chambre la cartouche, en fin de mouvement il y a percussion. Le coup part. L'ensemble mobile fait mouvement arrière sous la pression des gaz qui passent par l’évent du canon et agissent sur le piston. L'étui est extrait, éjecté puis les cames du piston font tourner une nouvelle fois le crochet d'entraînement de bande, celle-ci se déplace d'un cran vers la droite, amenant une nouvelle cartouche face à la chambre. Cette opération se réitère tant que le tireur presse la queue de détente. A partir du moment ou la bande est vide et est automatiquement éjectée, le taquet supérieur de l'arrêtoir de bande remonte, son bras inférieur vient faire saillie dans la boîte de culasse. Le cran de l'arrêtoir de culasse sur le piston dépasse l'arrêtoir de bande puis vient s'y accrocher lors du retour en avant de l'ensemble mobile, l'ensemble mobile est dorénavant à l'arrière. La queue de détente reste enfoncée. Le chargeur introduit une nouvelle bande. Démontage : IL EST TRES IMPORTANT QUELQUE SOIT L’ARME, DE FAIRE LES MESURES DE SECURITE AVANT UN DEMONTAGE, CECI AFIN DE VERIFIER QU’AUCUNE CARTOUCHE NE SOIT CHAMBREE DONC D’EVITER LES ACCIDENTS !!! Les démontages et remontages peuvent s’effectuer sur affût, pour permettre une meilleure stabilité de l’arme afin d’éviter des déséquilibres suite à l’importance de son poids. Effectuer les mesures de sécurité en amenant l’ensemble mobile vers l’arrière en actionnant le levier d’armement et vérifier qu’aucune cartouche n’est chambrée. Après vérification, raccompagner l’ensemble mobile vers l’avant tout en pressant sur la queue de détente. Armer et laisser l’ensemble mobile à l’arrière pour que le piston soit sorti du cylindre à gaz afin de pouvoir démonter le canon. Amener la clavette de démontage du canon vers l’arrière afin de déverrouiller le canon. Basculer le canon d’un quart de tour vers la gauche et l’ôter en faisant attention au pas. S’il est impossible de démonter le canon à la main, utilisez la clé de démontage. Ramener l’ensemble mobile vers l’avant en pressent la queue de détente et en raccompagnant le levier d’armement. Retirer la clavette de maintien du passe-bandes et retirer le passe-bandes. Appuyer le verrou à l'intérieur de la poignée arrière de façon à libérer la broche de démontage. Retenant la poignée arrière du couvre culasse, basculer la broche de démontage vers la gauche et la retirer. Ensuite retenir le cache culasse qui est poussé par le ressort récupérateur. Laisser se décomprimer le ressort récupérateur et ôter l'ensemble couvre culasse de la boîte de culasse.

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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 12:31


Billet n° 05/2009

 



H / L’extracteur d’étui modèle 1907:

 


I / Clé modèle 1908 pour le démontage du canon :

 

 

J / Gant pour le changement du canon :
 

 

K / Epaulière de transport :

 

 
L / Le bouchon de tir à blanc :

 


VIII / Les affûts :

1) le modèle 1907 de rempart :

Utilisé par les troupes de forteresse.


 

2) le modèle 1907 de type « C » :

Ce modèle initialement utilisé pour les mitrailleuses Sainte Etienne 1907 est modifié pour recevoir la mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914.


 

3) le modèle 1915 :
Il diffère du modèle précédent par ces dimensions et par certaines pièces.
4) Trepied Hotchkiss type guerre modele 1914:
Il équipa les premières Hotchkiss modèle 1914 mais sera rapidement abandonné au profit du modèle 1916. 
 
5) Trepied Hotchkiss  modele 1916:
Trépied position haute pour tireur assis. Hauteur de la mitrailleuse 680 mm.
 
Trépied position basse pour tireur couché. Hauteur de la mitrailleuse 350 mm.
            
Le trépied dispose d’une plaque en fonte de laiton, rivetée, sur laquelle se trouve le numéro de série du trépied et le nom du fabricant.
 
6) La rallonges modèle 1928 pour le tir anti-aérien:
 

7) Les affûts DCA:
L’affût DCA simple modèle 1925 et l’affût DCA double modèle 1926.

 

 
- l’affût trépied JEAN.
 
A suivre….
                                                                   Grenadier la lanterne.

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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 22:08

BILLET N° 02/2009







Plan avec les 12 maisons leurres

La ligne Maginot, « ouvrage défensif le plus formidable de tous les temps », disait-on à l’époque; malheureusement, l’histoire a voulu qu’il soit contourné. Un autre réseau souterrain, dévoilé récemment au public, construit en Allemagne, au sud-est de Berlin; n’a pas été contourné, mais c’est encore mieux ! les Soviétiques du 1er front ukrainien du maréchal Koniev lors de leur avance finale sur la capitale le 20 avril 1945, sont passés par-dessus et ne l’ont pas vu. Qu’est-ce qu’il y avait à Wünsdorf – Zossen  le long de la Reichstrasse 96, que certains appelaient der Weg zur Ewigkeit (le chemin de l’éternité) ?

 


Fausses maisons au sous-sol desquelles se trouvent les PC de commandement

 

Wünsdorf a toujours été une ville garnison, du temps du Kaiser déjà; puis durant la première guerre mondiale, elle a accueilli un important camp de prisonniers, des soldats français nord africains notamment. En 1936, on construit un village tout neuf pour les athlètes des jeux olympiques de Berlin. Ces constructions ont servi ensuite aux jeunes cadres du parti et à leurs familles, les bons aryens étaient aux petits soins dans cette belle contrée entourée de forêts.

 

 

Fausses maisons au sous-sol desquelles se trouvent les PC de commandement

 

C’est à cet endroit que l’on décide d’implanter la centrale de communication du commandement suprême de l’armée allemande, l’OKH, ce lieu prend le nom de Maybach. Des fausses maisons en béton, toits y compris sont implantés selon un schéma qui ressemble à un fer à cheval et reliées entres-elles par le sous sol, chaque maison représente un corps d’armée; De ces  sous-sols où sont agencées des salles de travail, les lignes câblées  relient les capitales des pays occupés; les postes de commandement en campagne sur les différents fronts sont ensuite reliés par les airs.

 



Sommet d'une de ces fausses maisons, le sol ayant été comblé

 

C’est à cet endroit que l’on décide d’implanter la centrale de communication du commandement suprême de l’armée allemande, l’OKH, ce lieu prend le nom de Maybach. Des fausses maisons en béton, toits y compris sont implantés selon un schéma qui ressemble à un fer à cheval et reliées entres-elles par le sous sol, chaque maison représente un corps d’armée; De ces  sous-sols où sont agencées des salles de travail, les lignes câblées  relient les capitales des pays occupés; les postes de commandement en campagne sur les différents fronts sont ensuite reliés par les airs.

 

Jours et nuits sans intermittence et de toutes les puissances, sont émis les dépêches de l’OKH. Huit officiers, dans l’entourage du général Fellgiebel, responsable de la centrale de cryptage,  ayant juré de faire tomber le régime, font diffuser par l’intermédiaire des techniciens radios  les messages codés à des destinataires qui sont pour eux que des correspondants. Les messages déviés portent l’indication au début de l’émission, RAHS suivi de Werther pour ce qui touche à la Wehrmacht et d’Olga pour ce qui est de la Luftwaffe.

 

Tour abri en forme d'obus pour familles des militaires résidant dans le complexe 

 

A suivre…….

 

J.-P. Soulier  - 2008

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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 00:26
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 00:18






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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 00:14


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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /Jan /2009 00:03









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Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /Jan /2009 23:42

Places de première ligne


Dunkerque (destruction de l'enceinte 1713)

Bergues (1667-1679)

Furnes

Ypres

Menin

Lille

Tournai

Condé-sur-l'Escaut (1680)

Valencienne

Le Quesnoy (1668)

Maubeuge (1684)

Philippeville

Dinant

Givet-fort de Charlemont (renforcé par Vauban 1697)

Places de seconde ligne

Gravelines (Oligiati 1540-1555 Vauban 1680-1699)

Saint-Omer

Aire-sur-la-Lys

Saint-Vénart

Béthune

Arras (1670)

Douai

Bouchain

Cambrai (1678)

Landrecies

Avesnes

Marienbourg

Rocroi (1555 henri III)

Mezières

Places arrières


Luxembourg

Namur

Sarrelouis

Montmédy (1550 Charles Quint)

Longwy (1676)

Fort Louis

Fort de Knock

Fort d'Ambleteuse (1684-1690)

Calais

Ardres

Boulogne-sur-Mer

Montreuil-sur-Mer (Errard de Bar-le-Duc et Vauban après 1678)

Abbeville

Doullens (Antonio de Castello 1525 - Errard de Bar-le-Duc 1598)

Amiens (Errard de Bar-le-Duc 1598)

Bapaume

Ham

Saint-Quentin

Guize

Sedan (1559)

Stenay (rasée en 1689)

Thionville (Cormontaigne 1738-1750)

Metz

Verdun (1624)

Toul (1698)

Nancy

Marsal

Bitche (1683)

Phalsbourg (1683)

Philippsbourg

Ludwigsbourg

Strasbourg

Kehl

Neuf-Brisach (1698)

Brisach

Belfort (1687-1705)

Huningue

Auxonne (1673-1675)

Besançon (1668-1703)

Saint-Jean-de-Losne

Salins (1674)

Fort de Joux

Fort Barraux

Mont-dauphin (1692)

Fort l'Ecluse

Pontarlier (1690)

Cherbourg

Langres

Alpes

Briancon

Citadelle du Mont-Dauphin (1693)

Château Queyras (1692-1700)

Fort Saint-Vincent (1693)

Citadelle de Seyne-les-Alpes (Niquet et Richerand 1693)

Colmars-les-Alpes (1692)

Fort de Savoie

Fort de France

Entrevaux

Turin (Italie)

 Embrun

Meditéranée


Antibes

Fort Carré

Fort Sainte-Marguerite (Cannes)

Fort de l'Eguilette (Toulon)

Fort Saint-Louis

Fort Saint-Jean (1660) (Marseille)

Fort Saint-Nicolas (1666)

Château d'If (1524)

Fort de Bouc (1607) (Martigues)

Mont-Louis (1681)

Collioure

Fort St Elme

Port Vendres - Fort Bear

Atlantique


Tour de Saint-Vaast-la-Hougues

Fort de Tatihou (1698-1701)

Saint-Malo (1689)

Fort de La Latte

Château du Taureau

Brest

Lignes de Querlern


Tour Dorée

Concarneau

Citadelle de Port-Louis

Ile de Houat (1683)

Ile de Hoëdic (1683)

Citadelle de Belle-Ile (1682-1689)

Citadelle de Saint-Martin-de-Ré

Château d'Oléron

Rochefort

Fort Lupin

Brouage (1568 Belamarti et Bephani)

Citadelle de Blaye (1685-1689)

Fort Pate

Fort Medoc

Fort Chapus

Saint Martin de Ré

Fort de la Pree

Pyrénées


Saint Jean Pied de Port

Prats-de-Mollo

Villefranche-de-Conflent

Fort Liberia

Mont-Louis

Bayonne (1681)

Fort de Socoa (1698)

Navarrenx
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Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /Jan /2009 22:59

Introduction

 

En raison de la mise en oeuvre d’une artillerie douée de qualités destructives imprévues, et de la forme spéciale qu’a prise la guerre actuelle, la fortification permanente s’est trouvée vulnérable et a pu paraître en partie inagissante. Faut- il en conclure qu'elle doive être désormais taxée d’impuissance et d’inutilité ? Porter présentement un tel jugement serait aussi téméraire que de vouloir indiquer dès aujourd’hui les transformations qu’elle devra éprouver dans l’avenir. La crise actuelle est, mais en tout cas à un degré moindres de même nature que celle qui a surgit en 1886, lorsqu’à la faveur de l’invention d’explosifs puissants les obus torpilles ont fait leur apparition.

Aux forts construits dans tous les Etats immédiatement après la guerre de 1870 avec leurs parapets à traverses saillantes, à cavaliers hauts (voir planche II verso figure 6), avec leurs artillerie à ciel ouvert et leur abris en simple maçonneries, ont alors succédé les ouvrages bétonnés rejetant au dehors la presque totalité de leur artillerie pour ne conserver sous cuirasse ou sous casemate à l’épreuve que les pièces nécessaires au flanquement et à leur défense propre ; c’était une des étapes successives de la lutte séculaires entre les boulet et cuirasse.

Nous avons dit plus haut que la crise actuelle était à une degré moindre de même nature que celle qui a surgit lors de l'apparition des obus torpille. – Et, en effet, l’insuffisance de la fortification du début de la guerre a-t-elle été véritablement aussi grande qu’on le pense ?

Faits pour résister à du 220, ou tout au plus à du 270, nos ouvrages ont pu recevoir victorieusement les atteintes de calibres beaucoup plus puissants. Certes des voûtes ont été percées, mais beaucoup ont résisté ; des dalles de casernes en béton armé ont subi presque sans dommage l’effet de coups isolés de 420. Des tourelles blessées ont pu être aisément remises en service ; les dégâts causés sur leurs infrastructures ont été insignifiants. La plus grande prudence doit être gardée dans le jugement à porter sur la fortification permanente.

Quoi qu’il en soit, ce jugement et l’étude des modifications qui devront lui être apportées auront nécessairement pour point de départ la connaissance de la fortification telle qu’elle se présentait au moment même de la mobilisation et qu’en tout cas on ne peut brusquement effacer sur le sol. Il est donc indispensable de connaître cette fortification.

C’est à elle que se rapportent les présentes leçons, en n’empruntant à la fortification ancienne que les principes fondamentaux destinés à faciliter l’exposition du sujet.

 

Références.

Instruction générale du 30 juillet 1909 sur la guerre de siège.

Instruction du 19 juin 1913 sur le service de l’artillerie dans la guerre de siège.

Instruction pratique provisoire du 11 avril 1906 sur le service du Génie dans la guerre de siège.

Instruction pratique provisoire de 21 juillet  1913 sur le service dans un fort de la zone principale de défense.

Décret du 7 octobre 1909 portant règlement sur le service de place (1e partie Chap.IV – et – 2e partie).

La fortification cuirassée, par le Lt-Colonel du Génie Piarron de Mondésir, 1 volume 1909 (Encyclopédie scientifique du Docteur Toulouse, Doin Editeur).

 

 

 

Fortification Permanente.

 

Rôle de la fortification permanente.

Les organisations défensives (forts, places fortes, camps retranchés, région fortifiées) ont un double rôle : considérées individuellement, elles ont pour mission de barrer les grandes voies d’invasion qui peuvent être suivies par l’ennemi en cas d’envahissement brusqué du territoire ; considérées par rapport au système défensif des Etats, dont elles constituent les éléments, elles servent de points d’appui et de pivots de manœuvre aux troupes de campagne.

Pour une armée poussant (Planche I  Fig. 1) son offensive en avant de la ligne formée par le système défensif des places fortes, ces places servent de soutient jusqu’au moment où, le succès s’affermissant et la probabilité de leur intervention disparaissent, elle deviennent inutiles, et leurs garnisons ainsi que leurs approvisionnements deviennent dès lors disponibles pour d’autres opérations.

On conçoit dès maintenant le lien étroit qui existe entre les armées actives et la fortification. Comme l’a dit très justement un écrivain militaire : « la fortification est la tactique écrite en style lapidaire. »

En 1806, Napoléon disait lui-même : « L’organisation des forteresses repose sur le même principe que la disposition des troupes ; elles doivent servir aux opération _ On doit créer à l’avenir de solides points d’appui aux endroits où l’on doit se borner à se défendre. »

En 1809, il disait : « Comme les canons et les forteresses sont des armes qui ne remplissent pas seules leur mission : elle doivent être maniées en conséquence. »

La fortification est donc intimement liée à la manœuvre. Toutefois si, (Planche I – Fig. 2) les forces nationales sont forcées, devant la pression de l’ennemi, et après avoir tenu la campagne le plus longtemps possible dans les intervalles, de se retirer en arrière d’une place forte, celle-ci se trouve abandonnée à elle-même ; par le fait elle peut être masquée, investie ou assiégée régulièrement par l’ennemi.

 

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Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /Jan /2009 22:43
Cours de fortification permanente de l'Ecole Polytechnique, année 1919-1920

Le siège d’une place, organisée comme il a été ci-dessus sommairement exposé, est  évidement une opération des plus lourdes, exigeant d’énormes effectifs et un matériel des plus puissants.

On n’entreprendra donc un siège que si la place envisagée en vaut la peine par le rôle stratégique qu’elle a à jouer place intéressant les lignes de communication indispensables au développement des opérations ultérieures, ou bien renfermant d’abondantes ressources dont la perte causerait un préjudice capital à l’ennemi, ou bien encore possédant une importance politique qui doive rendre sa chute décisive.

S’il n’y a pas lieu d’en arriver aux entreprises d’un siège, on masquera la place, ou bien on l’investira sans en faire le siège.

 

Hypothèse de siège.

Dès que la marche de l’ennemi vers la place sera signalée, la défense devra tenter de l’arrêter. Le gouverneur lancera sur les principales voies de communication des détachements, dont la composition variera avec le terrain et les circonstances, pour prendre contact avec les troupes ennemies ; ces détachements engageront des actions offensives pour inquiéter ou retarder les mouvements de l’ennemi, évitant toutefois de se faire anéantir ou couper de la place.

Une place est faite pour garder une position et retenir devant elle l’ennemi le plus longtemps possible. Tout prolongement dans l’existence de la place peut rendre les plus grands services à la défense générale du pays, et peut décider du sort d’une campagne.

C’est donc un devoir absolu pour le Gouverneur de prolonger la durée de sa place, en commençant tout d’abord par en retarder l’investissement.

Cette opération de l’investissement ne sera pas d’ailleurs aisément réalisée.

La défense d’une place assiégée doit être extérieure et active. Elle doit avoir un caractère particulièrement offensif. L’investissement donnera donc lieu à une succession de combats, enlèvement de positions, de points d’appuis, opérations qui, en réalité, ne différeront en rien des opérations de campagne.

L’assiégeant, tout en resserrant progressivement l’investissement en profondeur d’une zone de défense capable d’arrêter les sorties de la garnison.

La zone d’investissement est décomposée en secteurs ; chaque commandant de secteur arrête l’organisation détaillée de la partie de la zone correspondant à son secteur. Elle est jalonnée par des points d’appuis naturels ou artificiels avec obstacles passifs intermédiaires.

L’artillerie d’investissement est composée d’artillerie de campagne et d’artillerie de parc léger de siège (L’expression « parc léger de siège »est conservée, mais prise ici dans le sens le plus général pour désigner l’artillerie facile à amener dès les premiers moments du siège) ; on appliquera là les principes de la guerre de campagne.

Les troupes cantonnant en dehors de la zone d’investissement pour échapper autant que possible aux atteintes de l’artillerie de la place.

En avant, un réseau d’avant-postes est solidement installé sur le terrain.

Du côté extérieur par rapport à la place, on créera une protection contre une armée de secours. Il peut être utile de préparer dans ce but des positions de combat à une distance suffisante de la zone d’investissement sur les directions probables ou tout au moins possible de la marche d’une armée de secours.

 

L’investissement opéré, le commandant du siège, d’après les renseignements qu’il possède et les résultats des reconnaissances effectuées dès le début de l’investissement, après avoir pris avis des commandants d’artillerie et du génie de siège, définit le front d’attaque et arrête le « Projet d’attaque ».

La première chose à faire est alors pour lui de déployer son artillerie. Mais il ne peut le faire qu’après avoir pris possession avec l’infanterie dans toute l’étendue du front d’attaque et en avant de la zone de déploiement de son artillerie, d’une position défensive qui battra cette zone à l’abri de toute attaque des forces mobilisées de la défense. Cette position constitue la première position d’approche de l’infanterie. C’est la ligne de couverture de l’artillerie.

Qu’a fait pendant tout ce temps la défense ?

La garnison de la place se compose :

1-     Des troupes de secteur, affectées à chaque secteur sous un commandant de secteur.

2-     Des garnisons des Centres de résistance de la zone principale de défense.

3-     De la garnison du noyau central.

4-     Des réserves générales, constituées en troupes de toutes armes. Celles-ci comprennent elles-mêmes une réserve général mobile à la disposition du gouverneur pour les opérations d’une importance spéciale.

 

Or, la ligne de couverture de l’artillerie de l’attaque est précisément située sur les positions avancées de la défense sur lesquelles le Gouverneur a envoyé une partie de ses troupes mobiles.

Ces positions avancées, non fortifiées dès le temps de paix, ne sont pas organisées à la mobilisation en vue d’y opiniâtrer la défense comme sur la zone principale de défense ; car, à opérer ainsi, on a accumulé sur la zone principale des moyens puissants, incomparablement supérieurs aux moyens improvisés qu’on peut mettre en œuvre sur les positions avancées. Les positions avancées en question doivent rester dans la limite de portée des canons de gros calibre de la zone principale de défense.

La défense occupera donc ses positions avancées où elle opposera une résistance en rapport avec ses moyens et ses ressources.

Quand elle aura résisté dans ces conditions sur les positions avancées, elle sera forcée de se replier sur la zone principale de défense.

Quelles seront alors les situations respectives des deux parties ?

L’attaque sera sur sa ligne de couverture de l’artillerie, la défense sur sa zone principale de défense.

On a vu ce qu’est cette zone principale de défense, renforcée et complétée par les travaux exécutés depuis la mobilisation.

Son organisation comporte un échelonnement en largeur et en profondeur : des ouvrages plus ou moins forts, discontinus dans les intervalles, et des batteries, avec une grosse accumulation d’obstacles passifs et de défense accessoires.

Dans la vaste zone de terrain qui s’étend entre la zone principale de défense et le noyau central, une deuxième zone de défense pourra, ainsi qu’il a été dit, suivant la topographie locale, avoir été crée, toute prête à arrêter l’ennemi s’il était parvenu à traverser la zone principale de défense.

Le terrain entre la zone principale de défense et le noyau et les intervalles entre les centres de résistance, sont les champs de bataille où se développera quotidiennement la lutte entre l’assaillant et le défenseur. La défense doit, au cours du siège, préparer des champs de bataille, en y multipliant les points d’appui, en y creusant des tranchées et des ouvrages, autrement dit en organisant d’après les principes de la fortification de campagne les terrain en vue de toutes les éventualités. Là on remuera beaucoup de terre et constamment. Il ne faudra pas craindre de faire trop de tranchées, ni trop d’obstacles, à condition de laisser libre le terrain pour la manœuvre. Il faut que partout où on pourra en avoir besoin, on trouve une organisation prête. Ce n’est pas une raison pour s’en servir et l’occuper, s’il n’est pas nécessaire. Les retranchements ne doivent pas attirer la troupe, mais la troupe doit trouver des retranchements partout où elle en aura besoin. Ce travail de préparation du terrain sera l’occupation permanente d’une portion de la garnison, répartie entre les tours de service.

Pour en revenir à la partie active des opérations, la lutte est entamée entre deux artilleries. Pendant que les batteries de la défense sont ainsi engagées, et sous leur protection, les troupes des secteurs attaqués manoeuvrent et combattent pour arrêter la progression de l’assaillant.

Les troupes des secteurs sont réparties, indépendamment de la garnison des centre de résistance, en troupe de garde et réserve spéciale.

Les troupes de garde assurent la sécurité de la zone principale et maintiennent le contact avec l’ennemi. Leurs fractions avancées sont les avant-postes, protégée par les retranchements ; leur gros dans des abris de combat en arrière, en communication défilée avec les avants postes.

La réserve spéciale du secteur est installée en arrière des positions de combat, et sous leur protection.

En cas de nécessité de repousser un attaque vigoureuse ou de prononcer une contre-attaque, le Gouverneur met à la disposition du Commandant du terrain des attaques une portion de sa Réserve Générale.

De son côté, l’infanterie de l’attaque, sous la protection de l’artillerie de siège qui cherche à ruiner progressivement tous les moyens de combat de la défense, conquiert successivement, avec l’aide de l’artillerie et organise avec le concours du Génie, une série de positions – positions d’approche – de plus en plus rapprochées de la ligne des forts.

 

Chaque bond d’une position à la suivante donne lieu devant un défenseur actif et résolu à un ensemble de combats ; l’occupation d’une position nouvelle n’est définitive que lorsque son organisation défensive permet de mettre à couvert du feu les troupes de garde qui doivent y stationner.

L’assaillant, constamment harcelé par les contre-attaques et sortie de la défense, redoublera de vigueur sur les points qu’il a décidé d’emporter. Il arrivera un moment où ayant repoussé définitivement la défense, et s’étant rapproché de plus en plus du centre de résistance qu’il convoite il ne pourra plus progresser par les procédés ordinaires de combat. Il se trouve en effet dans la zone battue par les forts et par les organes de flanquement des intervalles (casemates de Bourges ou tourelles de 75) organisés à cet effet.

Il lui faudra entamer alors les travaux de l’attaque rapprochée en multipliant et resserrant les boyaux et tranchées et les parallèles ou en s’enfonçant sous terre pour entreprendre un guerre de mines.

Lorsqu’il jugera la désorganisation matérielle et morale de la garnison du fort suffisante il donnera l’assaut.

Mais ce n’est pas là la fin de la défense.

Après la chute d’un fort, l’ennemi devra s’engager dans les intervalles ainsi ouverts. Il reste encore sous le feu des organes de flanquement qui l’atteignent en flanc ; de front il trouve les troupes de secteur occupant le terrain préparé comme il a été dit avec de l’artillerie complétant le flanquement en enfilant les mouvements de terrain perpendiculaires au front. Certes, absolument parlant, il est en plus mauvaise posture que la défense. Il ne peut conserver le dessus que grâce à l’avantage qu’il possède de n’avoir à ménager ni ses effectifs, ni ses munitions toujours renouvelables.

Là les combats se continueront jusqu’à l’épuisement des ressources de la défense : le canon, le fusil, la grenade, la mitrailleuse et la pelle seront des deux côtés sans cesse en action. Jusqu’à ce que la défense, dont tous les moyens diminuent nécessairement de jour en jour, en arrive à se retirer dans le noyau, ou dans le dernier réduit dans lequel les débris de la garnison auraient pu se rassembler.

La lutte s’y poursuivra jusqu’à épuisement.

Le gouverneur d’une place ne doit jamais perdre de vue qu’en retardant, fût ce d’un jour, la reddition de sa place, il peut assurer la salut du pays.

Il est seul responsable de sa place ; il la défend, à moins  d’avoir reçu des ordres supérieurs, sans avoir d’autre règle que son appréciation personnelle. Lorsque le gouverneur juge que le dernier terme de la résistance est arrivé, il  consulte le conseil de défense ; mais le gouverneur, le conseil entendu et la séance levée, prend seul en s’inspirant de l’avis le plus énergique, s’il n’est pas absolument impossible, les résolutions que le sentiment de son devoir et de sa responsabilité lui suggère.

La loi punit de la mort, avec dégradation militaire, tout Gouverneur ou Commandant d’une place de guerre reconnu coupable d’avoir capitulé sans avoir épuisé tous les moyens de défense et sans avoir fait tout ce qu prescrivaient l’honneur et la devoir.

Tout gouverneur ou Commandant d’une place de Guerre qui l’a conservé malgré les efforts de l’ennemi reçoit, en présence de troupes, la récompense due à ses services. Le même honneur est accordé aux militaires qui se sont signalés dans la défense. Les batteries et ouvrages de la place reçoivent les noms des Officiers et des militaires sous leurs ordres qui se sont distingués en concourant à cette défense reçoivent également les témoignages publics de la reconnaissance de la Patrie.

Tout gouverneur ou Commandant d’une place de Guerre, tué dans l’accomplissement de son devoir ou mort des suites de ses blessures après une défense honorable, est inhumé avec les honneurs spéciaux que le Gouvernement détermine ; sa famille reçoit une pension spéciale à titre de récompense nationale ; ses enfants sont élevés aux frais de la Nation (Règlement sur le service des Places ; art. 160 et 165).

 

Table des matières

Introduction

Rôle de la fortification permanente

Organisation d’une grande place moderne

Description sommaire des éléments principaux de la fortification moderne

Forts

Tracés

Profil ordinaire – Flanquement des fossés
Profil triangulaire

Locaux accessoires

Liaisons téléphoniques, acoustiques, télégraphiques

Organes de flanquement des intervalles

Casemates de bourges

Tourelle de 75

Organes de défense propre

Artillerie de petit calibre dans les forts

Eclairage des abords de la fortification

Organisation des centres de résistance

Ouvrages intermédiaires

Installation de l’artillerie

Positions avancées

Seconde zone de défense

Noyau central

Liaisons dans la place avec l’extérieur

Indications sommaires sur les tourelles cuirassées

Le Gouverneur

La garnison

Matériels des divers services

Mobilisation d’une grande place

Aperçu des opérations d’attaque et de défense d’une place

 

Par fortifs.org
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